rivière
Maître Poète
Je te rejoindrai par-delà l'isthme de Vie
Lorsque nous étions enfants,
je te conduisais, ma Douce,
dans les forêts de Sarthe,
et aux bords de l’Huisne,
nous nous asseyions
dans la prée, et
nous parlions
avec l’écho des bruyères,
le parfum des fleurs
charmait
l’
harmonie de nos espérances.
Plus tard,
je te chantai des psaumes de joie,
je t’offris
des gerbes de roseaux,
les oiseaux,
il m’en souvient,
te chuchotaient
des lais d’extase,
nos lèvres murmurèrent bientôt
des serments d’amour,
et les saules se courbèrent
devant le péan de ta Grâce.
Nous nous épousâmes
un jour de printemps,
ma Princesse si sainte
devant Dieu et les Femmes,
dès lors,
notre vie s’écoula,
simple et tranquille
loin des tracas de la ville,
nous tissâmes chaque jour
des hymnes de Douceur
dessus
le reposoir des saisons.
La mort t’a frappée,
mon aimée,
voilà quelques jours,
depuis mes bras se referment
sur l’ombre de ton ombre,
sur les syllabes du silence,
sur la drapelée* des cieux de langueur,
sur la treille
où tu déposais
ton front vermeil,
sur les haies des cimes
qu’enlacent les bocages,
cependant,
je ne pleure pas
car
je sais que tu m’attends.
Je te rejoindrai
par-delà
l’isthme de Vie
et des horizons,
et nous nous promènerons
à nouveau
paume contre paume
parmi les refrains des fougères.
drapelée* : terme manceau désignant le contenu d’un drap
Sophie 839
Lorsque nous étions enfants,
je te conduisais, ma Douce,
dans les forêts de Sarthe,
et aux bords de l’Huisne,
nous nous asseyions
dans la prée, et
nous parlions
avec l’écho des bruyères,
le parfum des fleurs
charmait
l’
harmonie de nos espérances.
Plus tard,
je te chantai des psaumes de joie,
je t’offris
des gerbes de roseaux,
les oiseaux,
il m’en souvient,
te chuchotaient
des lais d’extase,
nos lèvres murmurèrent bientôt
des serments d’amour,
et les saules se courbèrent
devant le péan de ta Grâce.
Nous nous épousâmes
un jour de printemps,
ma Princesse si sainte
devant Dieu et les Femmes,
dès lors,
notre vie s’écoula,
simple et tranquille
loin des tracas de la ville,
nous tissâmes chaque jour
des hymnes de Douceur
dessus
le reposoir des saisons.
La mort t’a frappée,
mon aimée,
voilà quelques jours,
depuis mes bras se referment
sur l’ombre de ton ombre,
sur les syllabes du silence,
sur la drapelée* des cieux de langueur,
sur la treille
où tu déposais
ton front vermeil,
sur les haies des cimes
qu’enlacent les bocages,
cependant,
je ne pleure pas
car
je sais que tu m’attends.
Je te rejoindrai
par-delà
l’isthme de Vie
et des horizons,
et nous nous promènerons
à nouveau
paume contre paume
parmi les refrains des fougères.
drapelée* : terme manceau désignant le contenu d’un drap
Sophie 839