Venezio
Maître Poète

Mon Âme voudrait se réjouir
Même de l’air que je respire
De la Nature, ses créatures
Toutes !? Je n’en suis pas sûr
Quand l’été vient étaler ses charmes
Un seul me fait tiquer, m’alarme
Dans la belle-famille des insectes
Un petit salopard me débecte
Oh non, pas les striés jaune, noir
Et leur gentil piquant mignard
Les autres non plus, les pas si folles
Que le sucré et la viande affolent
Il y a la race des vicelard
Des assoiffés mais pas blafard
Du vermillon qui nous anime
Quel que soit son millésime
Vol en rase-motte sans pareil
À mettre le feu entre les orteils
Tout épiderme sans défense
D’un habit, d’une bonne fragrance
Le scélérat, pendant la nuit
Se gave laissant fureur, prurit
Plante sa seringue assassine
Là où la peau est la plus fine
Jusqu’à plus soif, jusqu’au moment
Où réveillé et bien lancinant
Me prend la fièvre de la chasse
Il est où ? Que je le fracasse
Méthodique à l’œil acéré
Plafonds et parois sont inspectés
Sur un cadre un point m’active
Ça y est je le vois, et j’en salive
L’élastique tendu de colère
Vrombit, l’atteint en un éclair
L’emporte, l’éclate sur le mur
Une tache me le prouve à coup sûr
Profond respire libérateur
En blanchissant le trait vengeur
Serein de pouvoir retrouver
La douce étreinte de Morphée
