Polymnie2
Maître Poète
Bon Week-End à chacun
Quand l’Âme vagabonde
Faire un texte, une sortie, une rencontre
Un grain de folie en un brin d’humour réunit dix mots aux
racines génétiques
J’ai fait un songe bizarre tenant plus d’un conte de fée que d’une réalité par le magique du coutumier.
Ses teintes se bagarrent meurtries par un présent déjà passé.
Je ne pourrais le raconter sans l’effilocher, j’effleure seulement son extrême beauté!
Je me vois marchant entourée de paix, dans le sombre des chemins tortueux qui donnent à penser.
Si j’avais seulement un passe-partout qui me tende la clef d’un sentier sans détour ! Mais non, j’avançais inlassablement, avide de découvrir un coin, une merveille, l’extraordinaire dans le simple, loin de ma terre natale, celle des trois Mousquetaires de D’Artagnan.
Je cherche l’idéal sous un climat méridional. Et tout à coup je trouve l’image fatale. Ce n’est plus un songe mais un rêve en cours de réalisation.
S’ouvre soudain la terre, se transforme par l’étroitesse d’une sente sur un bel horizon ; un panorama semble être comme peint.
L’enchantement est d’autant plus grand du fait que le sombre du sentier que j’arpentais mètre par mètre, dessinait en ombres chinoises, de lugubres formes de bachi-bouzoukcs, ces êtres têtes brûlées, soudain promènent plus loin une auréole immaculée.
Mon pas devient moins pressant, je déguste le but fixé et mon regard attentif suit une bâtisse semblant éclore du sol comme un bijou sort de son écrin ; jette ses feux jusqu’au moindre détail au fur-et-à mesure que j’avance.
Des couleurs, des fleurs, des arbres.
Enfin de la joie dans l’air ! Je ferme les yeux, respirent à fond les poumons ; s’ouvre mon regard pour voir les beaux vestiges en cette demeure de tous les styles ; arabe, espagnol, italien. Son chic, c’est le baroque qui fait le lien, un tout inaltérable, un tout ressemblant à l’Europe. Sans vouloir faire le clown, je ne peux m’empêcher de faire un tel rapprochement pour jeter mon grain d’humour, parce qu’ici, c’est la vraie renaissance. Les diaprées ne jurant pas les unes contre les autres, si vives qu’elles soient, elles s’irisent à se fondre.
Un sol d’amour crie l’extravagance dans sa variété et chante l’ambiance tout naturellement ; en belle transmutation sur terre sous mes yeux, une part d’éden. Un site délicieux aiguise mes prunelles quand mon regard tombe sur un vieux parc abandonné par les scies, les tondeuses, le jardinier fatigué sans aucun doute! C’est la savane sauvage, mais gardant une harmonie rustique aux parfums d’aromates.
Sur l’herbe, sont tombés des abricots, douce peau de velours, virant sur le rougeâtre par le feu du soleil. Des pêchers sans retenues regardent les pommiers penchant, tous tordus me rappelant d’inoubliables aventures de jeunesse. Pour ne rien cacher je pense aux primaires balançoires que nous faisions jadis, rapidement installées, qui de jour et en jours suppliciaient la branche qui rendait l’âme, suivie de l’écho de nos fou-rires qui renaissent en mon esprit.
Je narre! oui, je narre! mais un paysage et non une nature morte. Donnent vie les papillons blancs qui ne cessent de valser autour des coquelicots fragiles et tremblants sous un vent léger orchestrant le mouvement.
J’entends un merle parmi un ban d’hirondelles, un bruissement de feuilles ou de pas traversent une biche avec son faon. Je cueille un brin de fougère, mais surtout de belles fleurs. Dans la main embellie, ce bouquet de fleurs sorti tout droit du cœur de la terre, semble frémir en grelottant entre mes doigts. Nous gémissons « qu’elles ont la grâce bien trop brève »*, alors qu’ici ces trésors paraissent éternels ». Leur parfum est si doux qu’il semble secret, murmure en arôme sans dire ce qu’il est, sinon une douceur qui flotte sous le nez et que vous ne cessez de respirer pour vous enivrer.
Et je me dis, qu’il suffit d’un rien, pour transformer l’ordinaire en beauté. Un grain de tout suffit pour ne jamais être à s’assiettée. Une diversité colorée, irisée, qui jette dans vos yeux un artifice vivant qui ne cesse de s’extasier !
Polymnie 2, ce 29 Juin 2018
- Une pensée que j’ai copiée dans mon livre « jardinier »
- Que je ne retrouve pas !