Filiatus
Maître Poète
D'après miss Agatha Christie
Les femmes tuent par le poison
Rarement ne fut démentie
Par l'Histoire, cette assertion
Pourtant il existe une dame
Que la France entière connaît
Qui assassina d'une lame :
La noble Charlotte Corday
J'ai dit "la noble", car Charlotte
Est une "de Corday", pur sang
Et dans sa famille on chuchote
Que de Corneille, elle descend
Elle naît au pays des pommes
En mil sept cent soixante-huit
D'un père, élégant gentilhomme
Dans l'armée officier d'élite
Sa mère meurt au dernier né
Lors, son père François désire
Que, comme il n'est pas fortuné
Elle fût inscrite à Saint-Cyr
Mais à quatorze ans, avec peine
Son père la place au couvent
Où passent les jours les semaines
Pour n'en sortir qu'après huit ans
Or malgré cette solitude
Qui devait la conduire à Dieu
Elle dirigea ses études
Vers Rousseau et vers Montesquieu
La Convention entend dissoudre
Et fermer sa congrégation
Charlotte alors doit se résoudre
À retourner dans sa maison
Son vieux père ardent royaliste
N'apprécie guère ses idées
Et la jugeant trop extrémiste
Il la chasse de son foyer
Partie à Caen chez une tante
Elle y écoute les échos
Des Parisiens dans la tourmente
Qui s'entassent sur l'échafaud
Parmi ces révolutionnaires
Les plus haineux envers le roi
Ils sont quelques loups sanguinaires
Parmi lesquels Jean Paul Marat
Ce Jacobin au bonnet rouge
Ce "boutefeu" comme le note
Sagement Olympe de Gouge
Devient la cible de Charlotte
En mil sept cent quatre-vingt-treize
Le quatre du mois de juillet
Charlotte quitte ses falaises
Pour réaliser son projet
Celui d'assassiner le traitre
À sa société idéale
Dès que ce lâche va paraître
À la Convention nationale
Malheureusement le Jean Paul
Est malade et cloué au lit
La Charlotte en est presque folle
Et médite toute la nuit
Alors, dans la soirée du treize
Celle-ci vient toquer chez lui
Mais l'autre encore mal à l'aise
Dedans son bain, se rafraîchit
Elle griffonne à toute hâte
Quelques lignes d'admiration
Que le prétendu démocrate
Déchiffre avec délectation
Bien qu'en tenue un peu choquante
Dans la douceur des clapotis
Il crie de loin à sa servante
De la faire venir à lui
À quelques pas de la baignoire
Charlotte observe l'œil en coin
Le fier tribun sans son peignoir
Le fier Jacobin, dans son bain
Alors de son sein, elle tire
Un couteau qu'elle plonge droit
Profondément et sans faiblir
Dans le cœur de Jean Paul Marat
Maitrisée par les domestiques
Protégée des passants meurtris
Elle est conduite à coup de piques
À la prison de l'Abbaye
Convoqué devant le terrible
Tribunal révolutionnaire
Sa défense n'est pas possible
Tant le public est sur les nerfs
Le seize juillet à la brune
Charlotte est condamnée à mort
Le dix-sept au soir, sans rancune
Elle accepte son triste sort
Au moment où tombe sa tête
L'aide-bourreau l'attrape au vol
Et face au peuple la soufflette
Pour venger Marat, son idole
Les femmes tuent par le poison
Rarement ne fut démentie
Par l'Histoire, cette assertion
Pourtant il existe une dame
Que la France entière connaît
Qui assassina d'une lame :
La noble Charlotte Corday
J'ai dit "la noble", car Charlotte
Est une "de Corday", pur sang
Et dans sa famille on chuchote
Que de Corneille, elle descend
Elle naît au pays des pommes
En mil sept cent soixante-huit
D'un père, élégant gentilhomme
Dans l'armée officier d'élite
Sa mère meurt au dernier né
Lors, son père François désire
Que, comme il n'est pas fortuné
Elle fût inscrite à Saint-Cyr
Mais à quatorze ans, avec peine
Son père la place au couvent
Où passent les jours les semaines
Pour n'en sortir qu'après huit ans
Or malgré cette solitude
Qui devait la conduire à Dieu
Elle dirigea ses études
Vers Rousseau et vers Montesquieu
La Convention entend dissoudre
Et fermer sa congrégation
Charlotte alors doit se résoudre
À retourner dans sa maison
Son vieux père ardent royaliste
N'apprécie guère ses idées
Et la jugeant trop extrémiste
Il la chasse de son foyer
Partie à Caen chez une tante
Elle y écoute les échos
Des Parisiens dans la tourmente
Qui s'entassent sur l'échafaud
Parmi ces révolutionnaires
Les plus haineux envers le roi
Ils sont quelques loups sanguinaires
Parmi lesquels Jean Paul Marat
Ce Jacobin au bonnet rouge
Ce "boutefeu" comme le note
Sagement Olympe de Gouge
Devient la cible de Charlotte
En mil sept cent quatre-vingt-treize
Le quatre du mois de juillet
Charlotte quitte ses falaises
Pour réaliser son projet
Celui d'assassiner le traitre
À sa société idéale
Dès que ce lâche va paraître
À la Convention nationale
Malheureusement le Jean Paul
Est malade et cloué au lit
La Charlotte en est presque folle
Et médite toute la nuit
Alors, dans la soirée du treize
Celle-ci vient toquer chez lui
Mais l'autre encore mal à l'aise
Dedans son bain, se rafraîchit
Elle griffonne à toute hâte
Quelques lignes d'admiration
Que le prétendu démocrate
Déchiffre avec délectation
Bien qu'en tenue un peu choquante
Dans la douceur des clapotis
Il crie de loin à sa servante
De la faire venir à lui
À quelques pas de la baignoire
Charlotte observe l'œil en coin
Le fier tribun sans son peignoir
Le fier Jacobin, dans son bain
Alors de son sein, elle tire
Un couteau qu'elle plonge droit
Profondément et sans faiblir
Dans le cœur de Jean Paul Marat
Maitrisée par les domestiques
Protégée des passants meurtris
Elle est conduite à coup de piques
À la prison de l'Abbaye
Convoqué devant le terrible
Tribunal révolutionnaire
Sa défense n'est pas possible
Tant le public est sur les nerfs
Le seize juillet à la brune
Charlotte est condamnée à mort
Le dix-sept au soir, sans rancune
Elle accepte son triste sort
Au moment où tombe sa tête
L'aide-bourreau l'attrape au vol
Et face au peuple la soufflette
Pour venger Marat, son idole