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RUPTURE

#1
RUPTURE

Tant pis si le destin se tend
Et caracole au coin des près.
Ne dis pas les mots que j’attends,
Tu les paierais de tes regrets.

Elles m’enchaînent les addictions
En leur naufrage sempiternel,
Et nous pourrissent le réveillon,
Papier doré, nuit de Noël.

Je sais déjà le gris matin,
Les verres salis de la défaite,
Et des épines du sapin
Coincées aux fils de la moquette.

Je n’ai pas su quitter ce rôle
D’écorché vif dans les enfers,
Faisant rimer le mot paroles
Avec la casquette de Prévert.

A trop vouloir m’ensevelir,
A ne plus voir les framboisiers,
J’ai tout sali de ton sourire,
Tes pas de danses primesautiers,

Et tes chansons au firmament,
Et quand ton corps criait encore.
Pardonne-moi l’enlisement,
Mon pas trainant, mon regard mort.

Train à l’arrêt, c’est ténébreux
Quand le bonheur se fait mortel.
Pourtant nous deux, on fut heureux,
Et les tulipes s’en rappellent .

On dégoulinait du courage
De ceux que rien jamais n’arrête.
Mais là je ne fais plus mon âge,
Je m’allume une cigarette,

Et je te dis de t’en aller,
De me laisser, je me déglingue,
Au fond du cœur trop de ratés,
Je veux être seul quand je me flingue.

Je te redis qu’il faut partir
En me laissant les épluchures.
A n’avoir pas su réagir
Tu n’as pas vu la déchirure.

Tant pis si le destin se tend
Et caracole au coin des près.
Ne dis pas les mots que j’attends,
Tu les paierais de tes regrets.
 
#2
Pfff, vous avez le chic et la poésie véritablement chevillés au corps. J'ai adoré ma lecture : vraiment très fort cette poésie d'épluchures et d'épines de sapin plantées dans la moquette de nos existences. Merci ;-)