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Petite histoire: cancans sous haute tension

#1
Dans toute bonne famille, y’en a un qui ne peut s’empêcher, de se faire aller le clapet, pour cancaner dans la cour arrière. C’était le cas de mon frère, passé maître dans l’entremêlement, des fils de conversation, bien actifs dans le voisinage. C’était un“mémer” on ne peut assurément dire mémère, pour faire honneur au genre masculin qui le caractérise.

Il avait l’oreille si attentive, qu’elle rougissait comme une pelure de tomate, trop longtemps séchée au soleil. C’est à cette singularité que l’on savait que l’heure du souper s’éterniserait jusqu’à ce que l’ennui fasse tomber raide mort les rideaux.

Mon désespoir ne s’arrêtait pas là, puisque nous partagions les mêmes murs, le soir venu. Ceux-là mêmes qui résonnaient chaque nuit, de ses élucubrations, semblant fortement résistantes au sommeil. De ce fait, j’avais toujours les traits tirés comme les pis d’une vieille vache. Mon frère, tant qu’à lui, semblait gonflé à bloc, à croire que chacune de ses paroles nocturnes alimentait son réseau d’énergie.

Ses rumeurs, bien entraînées, couraient à vive allure dès le matin. comme si pendant la noirceur, elles s’infiltraient sous la couette des habitants. Ah! Je dois avouer qu’il était très fort mon frère, s’il avait bougé son corps autant que sa langue, il aurait eu une médaille olympique depuis fort longtemps! Mais je m’égare! Je disais donc, top chrono, qu’en moins de dix minutes, les nouvelles voyageaient plus rapidement qu’un lièvre avec un renard à ses trousses.

Les margoulettes grandes ouvertes, on entendait des oh! des ah! des voyons donc! ça se répandait aussi vite que du chiendent. Tellement vite, que les fils de conversation se sont touchés, qu’un éclair aussitôt en sorti et alla droit vers mon frère d’un coup sec. Comme s’il avait reconnu son géniteur. Il est tombé sur le sol, immobile, je croyais bien que s’en était fini pour lui. Un peu d’air criais-je! Après quelques instants, il ouvrit les yeux qui roulaient dans ses orbites comme sur un jeu de billard, puis tout son corps trembla et grilla des deux bords comme le pain du matin. Mon frère fut le premier gars à succomber à un survoltage de mémérage.
 

prose16

Maître Poète
#4
S'il n'y avait que ton frère...mais je dois avouer que je n'ai jamais vu personne succomber à un survoltage de "mémérage"!
Parfois tout de même les mémérages reviennent dans la tronche comme un boomerang, un genre de retour de bâton, et c'est bien fait!
Merci de cet original partage, ça n'a pas du être une sinécure pour toi! Bisous Fée, et tiens toi confinée!
 
#8
S'il n'y avait que ton frère...mais je dois avouer que je n'ai jamais vu personne succomber à un survoltage de "mémérage"!
Parfois tout de même les mémérages reviennent dans la tronche comme un boomerang, un genre de retour de bâton, et c'est bien fait!
Merci de cet original partage, ça n'a pas du être une sinécure pour toi! Bisous Fée, et tiens toi confinée!
Le survoltage de mémérage est fictif bien sûr, une image forte pour l'effet boomerang ce deux qui colporte les cancans
 
#11
C'est formidable un frère qui a une langue pour dire franche can can
alors qu'il se danse!
Un cerveau de girouette qui tourne d'après l'haut vent!
Sourires aux lèvres dit-il vrai? faux? où élargit t-il son élastique après la tempête!
Tonnerre de Brest, ne rougiront jamais ses fossettes!

De quoi nous changer les idées,

Merci à toi, bises Poly