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Paul Deschanel revisité (1855-1922)

Filiatus

Maître Poète
#1
De la Troisième République
Deschanel est le plus prisé
Quoique d'après les statistiques
Moins d'un an il ait gouverné

C'est qu'il faut être saugrenu
Ou bien un fou aux idées fixes
Pour pécher la carpe à main nue
Et signer Vercingétorix

Pourtant tout sagement commence
Quand Paul naît dans le Plat-Pays
Mais de parents venus de France
[On n'est pas aux Etats-Unis]

En mil huit cent soixante-treize
Paul à tout juste dix-huit ans
Lorsqu'il décroche fort à l'aise
Bac et licence en même temps

Trois années plus tard on le nomme
Assistant dans un ministère
Que dirige un excellent homme
Le brave Emile de Marcère

Puis, s'envolant vers le soleil
Notre Icare prend pied à terre
Chez le Président du Conseil
Qui l'emploie comme secrétaire

À vingt-quatre ans il est à Brest
Dans un habit de sous-préfet
Deux ans plus tard il est à l'est
Préfet de Meaux, il préférait

Emporté par ce jour de gloire
Il se présente à l'élection
Législative en Eure-et-Loir
Où il est élu sans passion

Chef de la commission d'enquête
Dans l'affaire de Panama
Sa mission lui monte à la tête
Et sans plus de preuves que ça

Il accuse Clémenceau Georges
Le v-i-eux tigre de retour
Qui lui somme de rendre gorge
Dans un grand pré au petit jour

Paul à ce duel veut mettre un terme
Quand l'épée de son adversaire
Vient lui chatouiller l'épiderme
Lors mort de peur, il tombe à terre

Mais il se relève bien vite
[Pardonnez-moi l'enchaînement]
Car en l'an quatre-vingt-dix-huit
De la Chambre, il est président

Puis à l'Académie Française
Il est élu au premier tour
Et l'habit vert le comble d'aise
Pour chercher et trouver l'amour

C'est une petite bretonne
Qui devient l'élue de son cœur
Vite épousée, elle lui donne
Trois beaux enfants et du bonheur

Quand éclate la Grande Guerre
Paul reste chez lui bien au calme
Son combat de sexagénaire
Est plutôt de gagner des palmes

En mil neuf cent vingt, Deschanel
Contre l'illustre Clémenceau
À l'élection présidentielle
Se trouve en face de nouveau

Déjouant tous les pronostics
Somptueusement Paul est élu
Président de la République
Sans que ministre oncques ne fut

Mais Paul rapidement présente
Des signes de troubles mentaux
Et sa conduite est inquiétante
Comme je l'ai écrit plus haut

À l'automne, on le démissionne
Et malgré un sombre bilan
Il se soigne comme personne
Pour revenir au premier plan

Il semble être tiré d'affaire
Quand soudain sa santé se gâte
Et pour un abcès pulmonaire
On doit l'opérer à la hâte

D'une pleurésie Paul succombe
Car le mal était trop rebelle
On se recueille sur sa tombe
Au numéro 5 Deschanel​
 

Margho

Maître Poète
#2
De la Troisième République
Deschanel est le plus prisé
Quoique d'après les statistiques
Moins d'un an il ait gouverné

C'est qu'il faut être saugrenu
Ou bien un fou aux idées fixes
Pour pécher la carpe à main nue
Et signer Vercingétorix

Pourtant tout sagement commence
Quand Paul naît dans le Plat-Pays
Mais de parents venus de France
[On n'est pas aux Etats-Unis]

En mil huit cent soixante-treize
Paul à tout juste dix-huit ans
Lorsqu'il décroche fort à l'aise
Bac et licence en même temps

Trois années plus tard on le nomme
Assistant dans un ministère
Que dirige un excellent homme
Le brave Emile de Marcère

Puis, s'envolant vers le soleil
Notre Icare prend pied à terre
Chez le Président du Conseil
Qui l'emploie comme secrétaire

À vingt-quatre ans il est à Brest
Dans un habit de sous-préfet
Deux ans plus tard il est à l'est
Préfet de Meaux, il préférait

Emporté par ce jour de gloire
Il se présente à l'élection
Législative en Eure-et-Loir
Où il est élu sans passion

Chef de la commission d'enquête
Dans l'affaire de Panama
Sa mission lui monte à la tête
Et sans plus de preuves que ça

Il accuse Clémenceau Georges
Le v-i-eux tigre de retour
Qui lui somme de rendre gorge
Dans un grand pré au petit jour

Paul à ce duel veut mettre un terme
Quand l'épée de son adversaire
Vient lui chatouiller l'épiderme
Lors mort de peur, il tombe à terre

Mais il se relève bien vite
[Pardonnez-moi l'enchaînement]
Car en l'an quatre-vingt-dix-huit
De la Chambre, il est président

Puis à l'Académie Française
Il est élu au premier tour
Et l'habit vert le comble d'aise
Pour chercher et trouver l'amour

C'est une petite bretonne
Qui devient l'élue de son cœur
Vite épousée, elle lui donne
Trois beaux enfants et du bonheur

Quand éclate la Grande Guerre
Paul reste chez lui bien au calme
Son combat de sexagénaire
Est plutôt de gagner des palmes

En mil neuf cent vingt, Deschanel
Contre l'illustre Clémenceau
À l'élection présidentielle
Se trouve en face de nouveau

Déjouant tous les pronostics
Somptueusement Paul est élu
Président de la République
Sans que ministre oncques ne fut

Mais Paul rapidement présente
Des signes de troubles mentaux
Et sa conduite est inquiétante
Comme je l'ai écrit plus haut

À l'automne, on le démissionne
Et malgré un sombre bilan
Il se soigne comme personne
Pour revenir au premier plan

Il semble être tiré d'affaire
Quand soudain sa santé se gâte
Et pour un abcès pulmonaire
On doit l'opérer à la hâte

D'une pleurésie Paul succombe
Car le mal était trop rebelle
On se recueille sur sa tombe
Au numéro 5 Deschanel​
Jolie chute !
De la Troisième République
Deschanel est le plus prisé
Quoique d'après les statistiques
Moins d'un an il ait gouverné

C'est qu'il faut être saugrenu
Ou bien un fou aux idées fixes
Pour pécher la carpe à main nue
Et signer Vercingétorix

Pourtant tout sagement commence
Quand Paul naît dans le Plat-Pays
Mais de parents venus de France
[On n'est pas aux Etats-Unis]

En mil huit cent soixante-treize
Paul à tout juste dix-huit ans
Lorsqu'il décroche fort à l'aise
Bac et licence en même temps

Trois années plus tard on le nomme
Assistant dans un ministère
Que dirige un excellent homme
Le brave Emile de Marcère

Puis, s'envolant vers le soleil
Notre Icare prend pied à terre
Chez le Président du Conseil
Qui l'emploie comme secrétaire

À vingt-quatre ans il est à Brest
Dans un habit de sous-préfet
Deux ans plus tard il est à l'est
Préfet de Meaux, il préférait

Emporté par ce jour de gloire
Il se présente à l'élection
Législative en Eure-et-Loir
Où il est élu sans passion

Chef de la commission d'enquête
Dans l'affaire de Panama
Sa mission lui monte à la tête
Et sans plus de preuves que ça

Il accuse Clémenceau Georges
Le v-i-eux tigre de retour
Qui lui somme de rendre gorge
Dans un grand pré au petit jour

Paul à ce duel veut mettre un terme
Quand l'épée de son adversaire
Vient lui chatouiller l'épiderme
Lors mort de peur, il tombe à terre

Mais il se relève bien vite
[Pardonnez-moi l'enchaînement]
Car en l'an quatre-vingt-dix-huit
De la Chambre, il est président

Puis à l'Académie Française
Il est élu au premier tour
Et l'habit vert le comble d'aise
Pour chercher et trouver l'amour

C'est une petite bretonne
Qui devient l'élue de son cœur
Vite épousée, elle lui donne
Trois beaux enfants et du bonheur

Quand éclate la Grande Guerre
Paul reste chez lui bien au calme
Son combat de sexagénaire
Est plutôt de gagner des palmes

En mil neuf cent vingt, Deschanel
Contre l'illustre Clémenceau
À l'élection présidentielle
Se trouve en face de nouveau

Déjouant tous les pronostics
Somptueusement Paul est élu
Président de la République
Sans que ministre oncques ne fut

Mais Paul rapidement présente
Des signes de troubles mentaux
Et sa conduite est inquiétante
Comme je l'ai écrit plus haut

À l'automne, on le démissionne
Et malgré un sombre bilan
Il se soigne comme personne
Pour revenir au premier plan

Il semble être tiré d'affaire
Quand soudain sa santé se gâte
Et pour un abcès pulmonaire
On doit l'opérer à la hâte

D'une pleurésie Paul succombe
Car le mal était trop rebelle
On se recueille sur sa tombe
Au numéro 5 Deschanel​