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Mon amour d'autrefois

essentielle

Nouveau poète
#1
MON AMOUR D'AUTREFOIS

Je t'ai quitté un soir d'été
et pour un autre je suis partie;
j'ai essayé de résister
mais lorsqu'il m'invitait chez lui,
je découvrais mille trésors,
sa beauté caressait mon corps,
tous les jours étaient différents
ponctués d'Amour sans faux-semblants.
Je pouvais être enfin moi-même
et j'ai appris à dire "je t'aime"

Je ne t'ai jamais oublié,
je sens encore tes doux baisers
de tes essences du mois de mai...
Je ne pouvais plus supporter
de te voir gris et dégradé ;
Je t'ai connu resplendissant
et dans ton coeur, j'allais, chantant
quelques refrains, des ritournelles
tout en haut de ta tour Eiffel...
Je flânais dans tes vieux faubourgs,
dans tes jardins du Luxembourg,
tes caniveaux, tes rues pavées...
Toi mon Paris, comme je t'aimais.

J'entends encore ta "java bleue"
sortant des orgues de barbarie,
quand je marchais seule sous la pluie,
je regardais les amoureux
dans leur silence et sans un bruit
s'étreignant sous un parapluie,
le temple de leurs doux aveux
que l'on devine dans leurs yeux,
avant de se dire aurevoir
sur le quai d'une sombre gare...

J'ai décidé de te quitter,
j'ai rencontré un autre amour,
un vieux village ensoleillé
où l'on voyait au petit jour
des écureuils jouant, sautant,
de branche en branche sur de grands pins
sous un ciel bleu, pur, éclatant...
De la lavande dans mes mains
j'ai découvert tant de senteurs,
la mélodie du vrai bonheur ;
intenses et vives toutes les couleurs
des genêts d'or, des grandes fleurs
de tournesol qui vascillaient
quand le mistral, sur elles, soufflait...

Toi mon Paris, je te le jure,
je t'ai aimé : regarde-toi !
Tu as perdu tout ton éclat,
tu brilles grâce à quelques parures
et des paillettes les jours de fête,
qui font tourner un peu la tête ;
mais tout ceci est malhonnête
quand on enlève toutes ces dorures,
on sent la plainte et les murmures,
d'un vieux Paris qui s'abandonne
au modernisme qui le détrône,
qui lui enlève tout son charme
qui fait couler tellement de larmes...

Je n'ai plus vu toutes les étoiles
qui brillaient sur ta cathédrale,
Notre Dame était si jolie
quand sous la voute constellée
elle gardait l'île de la cité ;
tout est devenu terne et gris...
Je garde en moi tous ces beaux jours
où l'air était encore léger
lorsque j'errais le long des quais
de ta Seine aux flots de velours.

Je ne dis pas du mal de toi,
je conte Paris mais d'autrefois ;
je t'ai aimé et tu le sais,
si tu pouvais enfin parler...

J'ai retrouvé dans un terroir
le goût de rire et de chanter,
une vie simple teintée d'espoir,
celui qui donne l'envie d'aimer
et d'exister tel que l'on est,
à l'aube de l'authencité.



Brigitte

texte protégé par Maître Eymard et par le SNAC à PARIS