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LE SOLEIL ETAIT HAUT

#1
LE SOLEIL ETAIT HAUT.

Je tirai les rideaux de ma chambre. Le soleil était haut, dix heures, déjà ; il répandait sa douce clarté sur les pelouses et les massifs de fleurs que deux papillons de couleur jaune survolaient en zigzaguant alentour. Les coloris et les parfums s’associant subtilement contribuaient à cette ivresse passagère ; mes pensées ne surent plus résister à cet enchantement et mon regard se jeta tout entier dans ce décor offert. Ce ravissement me remplit d’émotion : à cet instant précis, ce bonheur m’appartenant en propre ; je m’y attardai longuement en jouissant familièrement de sa diversité.
Au détour d’une allée impeccablement dessinée, l’astre devint bleu ; en bleu, ce Tokyo qui n’eût pu être plus rayonnant. De petites perles de rosée refusaient la coulisse, imposaient de longs rappels et je percevais les applaudissements résonnant étrangement dans mon imaginaire.
Puis les anthémis lactescentes lui volèrent la vedette. Dans mes souvenirs lointains de petits doigts espiègles les dépouillaient en chantant : « je t’aime, encore, un peu, passionnément, pas du tout » ; n’eût-il pas été préférable, alors, que j’en fisse des bouquets ?
A côté, dans leur parure mouchetée d’ocre, deux lyliums faisaient état de leur noblesse incontestable, dans le but avoué d’émouvoir d’autres belles, dont Gerberas oranger et autres délices.
Les soucis se faisaient discrets à cause de leur mauvaise réputation ; au fond, n’étaient –ils pas les plus robustes. Camélia et liseron peignaient leurs chevelures vertes ; l’aube avait dessiné des ailes de papillons, posées ici et là : des pétales odorants frémissant à la brise légère.
Le soleil était haut ! Dix heures, peut-être…Et le temps s’arrêta !

Pierre WATTEBLED- le 2 février 2009