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Le moment de grâce ......

lilasys

Maître Poète
#1

D'après " Le voyage " de Charles Baudelaire ( tome 1 )
J'ai pris chaque mot de fin de vers ( ceci était un concours)
une rediffusion pour le plaisir



1 ... Le moment de grâce

A travers l’écran vivant, nul ne contemple d’estampes,
Les ventres affamés, mordent les restes avec appétit,
Ce ciel ouvert aux étoiles coiffées de leurs lampes,
Fait l’humiliation, aucun rat ne peut rendre plus petit.


Auprès de l’âtre, les yeux se perdent sur la flamme,
Solitaires sans diamant au goût des plus amers,
Calquer la plage, munis d’un cimeterre où la lame,
D’un coup, fendra les vagues de l’océan et l’infini des mers.


La galère meurtrière vogue sur cette écume infâme,
Là où l’abysse est le tombeau, se berce des uns,
La plaie saignante, du regard noyé d’une pauvre femme,
Où, l’enfant emporté entre le sel et les parfums.


Les forçats sont ces bêtes que les alcools enivrent,
Pour déserter la noirceur des jours embrasés,
Cette canicule où les rayons audacieux cuivrent,
Lègue, leurs rêves sur le bord des lèvres en baisers.


Le fouet hachure la peau et ceinture ceux qui partent,
Vers ce ciel obscur où s’alignent des nuages en ballons,
Il n’y à point de retour si les uns ou autres s’en écartent,
Un murmure en fond de cale souffle avec courage ; Allons !


Ils n’ont vu le soleil, la pluie, l’esprit perdu dans les nues,
Écoute, aveugle, sans espoir, l’abordage au bruit du canon,
Vestales venez offrir à ces haillons ces terres inconnues,
Là se cultivent les cœurs d’amour et portent à jamais le nom !


LILASYS

********
Le voyage

A Maxime Du Camp.

I

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !

Charles Baudelaire




 

lilasys

Maître Poète
#8
Tu es bien plus doué que moi !!
C'est superbe ce que tu as écrit, j'espère que tu as gagné ce concours ?
Mes amitiés a toi, bises

Perceval Afficher la pièce jointe 26971
Une prouesse poétique et un très beau poème, plein de force et de mouvement.

Bravo à vous.

:)
souvenir.....................quand tu nous tiens
Oui c'est vraiment un moment de Grace bravo amicalement Kinkin
Bonsoir Lola,

Quel exploit poétique bravo !!!
Il neige sur Créa, c'est merveilleux

Même Baudelaire aurait adoré *sourire*

Belle soirée
Bisous

Paule

Afficher la pièce jointe 26995
Merci à tous de votre venue , merci pour votre ressentie, ce concours était génial avec celui ci j'ai gagné l'or avec une note de 10/10 sourire ........Avec Lamartine j'ai gagné aussi je crois le bronze et hélas rimbaud ne m'a pas fait gagner (ils ont trouver mon écrit trop érotique) mdr ......
Je vous embrasse et je souhaite refaire cette expérience !!
coeur-mains.jpg