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La rencontre (récit)

#1
Ca y’est, je suis dans ma voiture direction Rennes. Il est 9h10, je commence mon travail à 13h, je pense être en retard. J’ai une pression que je ne peux dissiper. Je ne vois pas trop pourquoi je fais tout cela pour un inconnu à qui j’ai vaguement parlé sur internet mais c’est plus fort que moi: il faut que je le rencontre. J’ai peur et paradoxalement je suis excitée. Cela me fera du bien de voir une autre tête, j’ai tellement besoin de me changer les idées en ce moment. Je soupire, l’air nostalgique. Aller, j’allume mon autoradio, c’est parti pour 40 min de route pour quelqu’un que je ne connais pas , mais n’est-ce pas ça l’aventure ! Je n’aurais jamais pensé ça de moi.
De toute façon je n’ai rien à perdre: ah si, mon essence ! Mais bon c’est un risque que je peux prendre.
Je me sens nerveuse, et je ne sais même pas pourquoi. Ce garçon a l’air sympathique et j‘espère que tout se passera bien. Je me regarde dans le rétroviseur: mince! j’ai oublier de me coiffer, mon cerveau est sans dessous dessus. Tant pis, il fera avec. Un peu de mascara suffira. De toute façon, je n’attend rien de ce rendez-vous: il est plus âgé que moi, que pourrait-il bien trouver chez une gamine de 10 ans sa cadette? J’espère que je ne vais pas trop l’ennuyer avec mes ânneries. De toute façon, ce n’est pas grave, je n’ai pas envie de cacher quoi que ce soit, ça passera ou ça cassera, je veux juste passer un bon moment avec une personne que je ne connais pas: nous verrons bien. Encore un petit coup dans le rétroviseur: c’est pas top, j’ai déjà vu mieux.

Le paysage défile devant mes yeux et j’ai mal au ventre. Heureusement, la musique me détend un peu. J’espère qu’il n’aura pas oublier, je ne vais pas faire tous ces kilomètres pour rien. Comment pourrait-il oublier, on a pris ce rendez vous avant-hier…

Apres tout ce stress, cette pression et cette excitation sans aucune raison valable, j’arrive dans Rennes, je me gare facilement: j’ai de la chance!
Il est 9H50, je pense que je vais être à l’heure. De toute façon, il n’a pas son mot à dire, je viens de faire 60 km rien que pour le voir … j’ai bien le droit à un peu de tolérance. Je sors de la voiture et me regarde dans une glace au coin de la rue: je ne ressemble pas à grand-chose: une petite brune commune à toute les autres petites brunes sans aucun signe distinctif. On verra bien. Je remet mes cheveux en arrière, tapote mes joues, rajuste mon T-Shirt. Et lui, comment vais-je le reconnaître? on ne s’ai parlé que quelques heures sur internet et la web cam est mensongère parfois. Peut être que je ne lui plairais pas: ce sont des choses qui arrivent, je ne suis plus à une déception près. Je suis tendue, pourquoi cette pression? Je n’attend rien de ce rendez vous pourtant, n’est-ce pas ?
J’attaque la descente qui mène à la mairie. Je me surprend à marcher vite et d‘un pas ferme ce qui révèle mon anxiété. Mon talon est cassé, c’est bien le moment! Peut-être a-t-il oublier notre rencontre, mon portable n’indique rien, j’espère que c’est bon et qu’il ne me posera pas un lapin. Je traverse la mairie, je vais bientôt arriver. Peut être vas t on se reconnaître immédiatement. Je ne pense pas.
Il reste peu de temps, j’arrive presque au niveau des galeries, c’est quoi le nom du café déjà ? Je ne me souviens plus. Je l’appelle pour lui dire que je suis là et que je ne le vois pas. C’est normal Marie tu ne l’as jamais vu ! Il y a très peu de monde de toute façon, ça ne doit pas être très compliqué. Mon regard se perd dans la rue en face, finalement il y a beaucoup de gens et je cherche, mon esprit s’embrouille lorsque je remarque une silhouette, le téléphone à l’oreille et le regard scrutant les horizons. Ça y est, c’est lui, je le reconnais de loin, j’en suis sûre. Je ne le voyais pas si grand ni si charismatique. Je m’approche sans faire attention aux voitures: quelle inconsciente! L’excitation et la nervosité ont pris possession de mon corps: je ne contrôle plus rien. Je raccroche.
Je regarde le sol, trop timide pour soutenir son regard de loin. Je m’avance, j’espère que ça va le faire comme on dit, que le temps va passer vite, qu’il n’y aura pas de blanc, que je lui plairais, qu’il ne sera pas déçu, et moi non plus, qu’on en gardera un bon souvenir. Ces questions défilent dans ma tête à toute vitesse, je n’ai pas le temps d’y répondre que déjà nos regards se croisent: je lui souris, lui aussi.
Ça y est nous sommes tout proches. Il a des yeux magnifiques. Je monte sur la pointe des pieds et lui tend ma joue:

-Bonjour !
-Bonjour !