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La fête foraine.

#1
La fête foraine.

Elle s'était assise sur son fauteuil à bascule.
La main crispée sur le pommeau en mandibule,
d'une canne, compagne de la route de ses vieux jours.
Sur ses genoux s'était blotti un gros matou roux.

Le félidé fixait attentivement une petite cage
dans laquelle chantait le joli petit oiseau,
offert à la vieille dame par ses enfants en cadeau,
égayant ses longues journées de solitude en partage.

Sur la place du village, une fête foraine.
D'elle, la lumière jaillira des yeux de Madeleine.
De sa mémoire endormie, ressurgirent du passé
les souvenirs de sa folle jeunesse, jusqu'à lors effacés.

Elle se revoit, gamine, riant à gorge déployée
Ah ! la belle ronde sur un siège du grand voltigeur.
Elle aimait la vitesse du manège, elle n'avait pas peur.
Une fine larme s'échappa et coula sur sa joue ridée.

Au son de l'orgue de barbarie, son cœur sursauta.
Car durant une de ces fêtes elle avait connu Henri.
Ils n'étaient point nombreux, au village, les gars.
Souvent patauds et rustres, ils n'étaient pas tous jolis.

Mais tant qu'à choisir entre la peste et le choléra.
Plutôt que ce grand benêt sec, de Pierre, qui la courtisa.
Elle préféra la tendresse affectueuse du petit et timide gras.
Ah ! se dit-elle en pensant à ce feu et adorable mari :
"Les plus beaux moments de ma vie
furent ces quatre jours avec toi".

Les vives clameurs des enfants jouant,
la lourde chaleur de l'été finissant
l'endormirent en lui offrant de doux rêves plaisants.


Loïc ROUSSELOT