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Arthur Conan Doyle revisité (1859-1930)

Filiatus

Maître Poète
#1
J'ai toujours un peu confondu
Les grands écrivains britanniques
Dickens, Doyle et bien entendu
Lord Byron, le magnifique

Aussi pour me punir un peu
J'entreprends d'écrire l'histoire
Revisitée de chacun d'eux
Et par l'Écossais, je démarre

Arthur Conan Doyle est le fils
De Charles Doyle, un descendant
Des rois bretons, et par malice
Il le surnommera Conan

Placé chez les pères jésuites
Il suit des études primaires
Puis à sept ans, peut-être huit
Il est au cours élémentaire

[Mon cher Watson, ajouterais-je
Bien qu'il n'existe pas encore]
À quinze ans, il fuit le collège
Avec un peu le diable au corps

Car la religion catholique
Lui sort par les deux trous de nez
Il est devenu agnostique
En entrant à la faculté

Il étudie la médecine
À Édimbourg, la capitale
Tout en écrivant des comptines
Que publie un journal local

À vingt ans, en troisième année
De ses études, il s'engage
En tant qu'officier de santé
Sur un baleinier et voyage

Ainsi durant deux équinoxes
Il participe à la manœuvre
Et comme il fait un peu de boxe
Il met des championnats en œuvre

Et bien qu'Arthur soit dur au mal
Il ne peut pas toujours gagner
Lors, trois fois dans les eaux glaciales
Le bosco doit le repêcher

Après cette année de marine
Ses études enfin finies
Il est docteur en médecine
Et aussi maître en chirurgie

Dans son cabinet médical
À Southsea, au Royaume-Uni
Ses affaires vont assez mal
Alors dans l'attente, il écrit

Entre deux recueils de nouvelles
Il se marie avec Louisa
Il est un peu moins âgé qu'elle
[Quand on aime, on ne compte pas]

En mil huit cent quatre vingt-sept
C'est à peu près à cette époque
Que dans "A Study in Scarlet"
Apparaît un certain Sherlock

Sherlock Holmes, un détective
Qui analyse et qui raisonne
Un homme à la mémoire vive
Comme dit le docteur Watson

[Permettez que je m'interrompe
Dans cette histoire versifiée
L'écriture anglaise me trompe
Je vais devoir tout franciser]

Bientôt le couple a une fille
Mais la mère tombe malade
Alors la petite famille
Vers les monts d'Autriche s'évade

En mil huit cent quatre-vingt-dix
Il publie "Le Signe des Quatre"
Là, imprégné de cannabis
Sherlock refuse de se battre

Heureusement son cher complice
Le tire de ce mauvais pas
[Comment et par quel artifice ?
Ça je ne vous le dirai pas]

En mil huit cent quatre-vingt-douze
Louisa donne un fils à Arthur
Ainsi Sherlock, comme l'épouse
Partent pour d'autres aventures

Arthur ne fait pas bon ménage
Avec son protégé Sherlock
Il colle comme [hardie l'image]
Le scotch au capitaine Haddock

L'écrivain un jour dans un livre
Le tue pour mieux s'émanciper
Et tout à coup le faire revivre
Pour pouvoir payer son loyer

Avec "Le Chien des Baskerville"
Il renoue avec le succès
Puis il change soudain de style
Et rédige quelques pamphlets

Il écrit qu'avec certitude
Les Anglais en guerre, engagés
Là-bas en Afrique du Sud
Ont raison et qu'ils vont gagner

Son ouvrage fait telle audience
En Europe et au monde entier
Que l'Angleterre en récompense
L'intronise "Lord-chevalier"

En mil neuf cent-six, sir Arthur
Perd sa femme de maladie
Et après quelques temps très durs
Avec Jeanne se remarie

S'ensuivent des années bien tristes
La Grande Guerre, notamment
Lui fauche des amis artistes
Et de nombreux proches parents

Arthur sombre dans la déprime
Il griffonne de-ci, de-là
Dans le spiritisme, il s'abîme
Et s'intéresse à l'au-delà

Il reprend peu à peu la plume
Pour mettre en scène un professeur
Héros de son "Pays des Brumes"
Qu'il a baptisé "Challenger"

Bientôt il fait la connaissance
Du grand magicien Houdini
Qu'il apprécie et qu'il encense
Et qu'il croît par les cieux béni

Or le célèbre illusionniste
A beau lui soutenir que non
Que l'outre-tombe, point n'existe
Arthur en a la conviction

"L'histoire du spiritualisme"
Son dernier livre est si fouillé
Que, par un coquet mimétisme
Il meurt pour mieux le vérifier
 

Pièces jointes