Voyage au long cours...
A travers les baies vitrées du car,
Je viens d' apercevoir sur le talus
De jolis petits lapins goguenards
Qui goûtaient aux délices herbus...
Près de la route, des gerbes d'osier
Courbent leurs tiges sous le vent,
Et lancent de doux reflets d'argent
Qui dansent pour l'astre enflammé...
Tiens! d'anciens rails sans convoi...
Une vieille charrette abandonnée
Attend un vieux train peu pressé.
Comme un clin d’œil d'autrefois...
Des corbeaux irisés s'attardent
Sur les branches tourmentées
D'un digne et vénérable noyer,
Où le lustre du soir se hasarde...
La terre fraîchement labourée
Rivalise avec les verts intenses.
Cadeau en cette fin de journée,
Annonçant la lune qui s'avance...
Au vignoble, de très vieux fûts
Cernés par des ombres géantes
Aux allures sombres et feuillues,
Se chauffent au soleil en descente...
L'astre va se coucher en beauté
Sur les murs de pierres enfleurés
Où, divines les roses voluptueuses
Ébouriffent leurs robes vaporeuses...
Le jour exécute sa dernière culbute
Sur les asters violets et les soleils
Illuminant un terrain vague inculte;
Teintes automnales sans pareilles...
De petits ponts aux rampes fleuries
Vont se baigner une dernière fois
Dans l'onde qui chante son émoi...
L'âme s'apaise, se trouve embellie!
J'entends le bourdon d'une église
Qui appelle ses ouailles à la prière...
Le car poursuit sa route de lumière,
Ô! Dieu, que le spectacle s'éternise...
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