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Violette Nozière revisitée (1915-1966)

Filiatus

Maître Poète
Victime du patriarcat
Ou bien femme concupiscente
Dame Nozière fut un cas
Dans le Paris des années trente

Pour les gens de droite on croit voir
La "sorcière de la débauche"
Et c'est plutôt un "ange noir"
Pour leurs adversaires de gauche

Naître au beau milieu de l'hiver
Dans les profondeurs de la Nièvre
Dans un pays qui est en guerre
Ne met pas le sourire aux lèvres

Cependant Violette est gâtée
Car elle est une enfant unique
Et ses parents, pour la couver
Lui trouvent un nid idyllique

À Paris dans un beau deux-pièces
Un peu petit, mais confortable
Violette passe sa jeunesse
Entre une table et un cartable

Une fois son "certif" en poche
Elle s'inscrit sans conviction
Au lycée qui est le plus proche
En l'occurrence, Fénelon

Une nouvelle vie commence
Plus conforme à ses aptitudes
Elle privilégie la danse
Et les garçons à ses études

Petit à petit, non par vice
Mais pour l'argent, elle se vend
Et attrape la syphilis
Sans en parler à ses parents

Quand ces derniers enfin l'apprennent
C'est pour s'entendre dire que
La maladie qui la gangrène
Ne peux provenir que d'eux deux

Et pour palier cet atavisme
Aidée par un mauvais garçon
Avec le plus grand des cynismes
Elle les "soigne" à sa façon

Quelques cachets de somnifère
Le gaz ouvert dans l'habitacle
Ont raison de son pauvre père
La mère est sauve par miracle

Devant la Petite-Roquette
Là, où Violette est détenue
On entend chanter à tue-tête
Le petit peuple de la rue

Pour sa défense, la donzelle
[Elle vient d'avoir dix-huit ans]
Accuse feu son paternel
De coupables attouchements

Lors, tout Paris se mobilise
Et bientôt le pays entier
De grands avocats la courtisent
Un célèbre juge est nommé

Comme j'ai dit en préambule
En deux camps les vues se séparent
Deux opinions qui s'articulent
Entre Mauriac et Paul Éluard

C'est en mil neuf cent trente-quatre
Que s'ouvrent, par un jour humide
Comme une pièce de théâtre
Le procès de la parricide

Mais la justice peu clémente
Avec cette gente assassine
Sans circonstance atténuante
La condamne à la guillotine

Après obtention de la grâce
Du président Albert Lebrun
On envoie Violette en Alsace
À Haguenau, dans le Bas-Rhin

Purger sa peine perpétuelle
Aux travaux forcés pour les dames
Alors que la vie est si belle
Quand on a vingt ans à Paname

Dans son centre pénitentiaire.
Violette se fait oublier
Mais aux premiers jours de la guerre
Elle est, à Rennes, transférée

Là-bas elle tombe amoureuse
Du comptable de la prison
Ce qui lui vaut une chanceuse
Réduction de sa réclusion

Par un décret du "Maréchal"
On commue sa peine à douze ans
Par un décret du "Général"
On la libère sur le champ

Elle reprend goût à la vie
Son mari lui fait cinq enfants
Et avec leurs économies
Vont diriger un restaurant

En juillet mil neuf cent soixante
Sur la route qui mène à Rouen
Seul dans sa Simca P60
Son époux a un accident

Il décède l'année suivante
Violette alors est résignée
Mais elle remonte la pente
Car son avocat a gagné

Depuis trente ans il combattait
Pour réhabiliter Violette
Ce que la Cour d'appel a fait
Au vu de sa vie si parfaite

Violette meurt trois ans après
Et si bien court fut son destin
Enfin elle a trouvé la paix
Avec elle-même et les siens
 
On ne sait pas tout de tous ces illustrés personnages mais grâce à vous on apprend et toujours en vers.
Quel travail
Merci
Gaby
 
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