Polymnie2
Maître Poète
Vie d'Iphigénie

toujours copie du tableau Anselme Feuerbach
Pour Euripide, Iphigénie accepte son destin par amour pour son père et le bien des grecs.
Artémis, émue par cette grandeur d’âme, substitue au dernier moment une biche à la place d’Iphigénie
qu’elle transporte dans son temple en Tauride.
Iphigénie y sera ainsi chargée de sacrifier à la déesse tous les étrangers débarquant dans ce pays.
Mais, reconnaissant un jour son frère Oreste, elle l’épargna et s’enfuit avec lui à Athènes.
A sa mort elle rejoindra Achille dans l’île des Bienheureux pour y devenir sa femme ou, selon une autre version,
devenue immortelle elle sera assimilée à Hécate, la triple déesse.
Iphigénie, prête à donner son sang pur » indique bien que le poète des Métamorphoses s’inspire de la version d’Euripide.
Or aux XVIe et XVIIe siècles, des prédicateurs ont utilisé la figure d’Iphigénie pour en faire un exemple de piété et d’obéissance.
Des auteurs, comme Cornélius Agrippa au XVIe siècle et Du Bosc au XVIIe, citent Iphigénie comme exemple de femme
vouée au sacerdoce et parée de toutes les vertus des « femmes fortes »
dont le courant féministe chrétien a exalté les mérites.
En outre, le goût pour les tragédies à sujet religieux renouvelle cet intérêt et Georges Buchanan a écrit en 1584 un Jephtes,
dont la fille s’appelle Iphis. Lorsqu’en 1641, Rotrou fait jouer à l’Hôtel de Bourgogne son Iphygénie,
il s’inscrit dans un contexte particulièrement favorable à cette interprétation chrétienne du mythe antique.
Même si sa pièce n’est pas considérée comme un chef-d’œuvre et n’a guère eu de succès,
force est de constater qu’elle illustre une telle métamorphose.
Rotrou n’a sans doute pas lu l’édition princeps de la pièce d’Euripide, publiée en 1503 par Alde Manuce
(alors que la BN en possède un exemplaire annoté par Racine)
mais seulement sa traduction latine d’Erasme de 1506
et celle en français de Thomas Sébillet de 1549,
dont il s’inspire parfois de très près.
Le dénouement de la pièce de Rotrou s’inscrit dans le goût baroque de son époque
et Diane apparaît bien, dea ex machina, pour annoncer son miracle :
« Calchas, à genoux auprès d’Iphigénie. Tous les Grecs ont la vue baissée.
Chaste fille du dieu qui lance le tonnerre
Frais Soleil de la nuit, autre âme de la terre,
Diane enfin reçois l’offrande que tu veux,
Et pour prix de son sang fais succéder nos vœux,
À l’art de nos Nochers rends l’onde favorable,
Donne à notre voyage un succès mémorable :
Et fais-nous triomphants marcher sur le débris
Des orgueilleuses tours d’Hector et de Pâris.
Il prend le couteau, et comme il veut porter le coup, il se fait un grand tonnerre.
Iphigénie disparaît et est enlevée au Ciel.
Mais Dieux ! Quelle tempête en un moment émue
De ces plaines d’azur nous dérobe la vue,
Quel horrible torrent accompagné d’éclairs
Trouble avec tant de bruit la région des airs ?
Agamemnon
…Mais ô rare aventure, ô miracle inouï,
Si d’une illusion mon œil n’est ébloui,
Sans recevoir le coup et sans laisser la vie,
Cette chaste victime à ces lieux est ravie.
Diane au ciel. Tous se mettent à genoux.
… Je sais le respect de la Grèce,
Son dessein me tient lieu d’effet,
Et j’ai vu d’un œil satisfait
La piété de sa princesse,
Son sang de ma faveur est un trop digne prix,
Et pour faire paraître à quel point je l’estime
Je la veux pour prêtresse et non pas pour victime,
Et l’ai déjà rendue aux rives de Tauris ».
Déesse vierge, Diane/Artémis préfigure la Vierge Marie et, ajout intéressant de Rotrou,
Clytemnestre a voué sa fille à la déesse dès sa naissance.
La vocation religieuse d’Iphigénie explique donc
l’exigence de Diane
qui ne repose pas sur une quelconque vengeance.
Source Internet.
Polymnie2, ce 3 octobre 2019
Il manque le poète, son état, expliquant ce poème
mais il a été effacé et je ne retrouve plus ses données sur internet!
Chaste fille du dieu qui lance le tonnerre
Frais Soleil de la nuit, autre âme de la terre,
Diane enfin reçois l’offrande que tu veux,
Et pour prix de son sang fais succéder nos vœux,
À l’art de nos Nochers rends l’onde favorable,
Donne à notre voyage un succès mémorable :
Et fais-nous triomphants marcher sur le débris
Des orgueilleuses tours d’Hector et de Pâris.
Il prend le couteau, et comme il veut porter le coup, il se fait un grand tonnerre.
Iphigénie disparaît et est enlevée au Ciel.
Mais Dieux ! Quelle tempête en un moment émue
De ces plaines d’azur nous dérobe la vue,
Quel horrible torrent accompagné d’éclairs
Trouble avec tant de bruit la région des airs ?
Agamemnon
…Mais ô rare aventure, ô miracle inouï,
Si d’une illusion mon œil n’est ébloui,
Sans recevoir le coup et sans laisser la vie,
Cette chaste victime à ces lieux est ravie.
Diane au ciel. Tous se mettent à genoux.
… Je sais le respect de la Grèce,
Son dessein me tient lieu d’effet,
Et j’ai vu d’un œil satisfait
La piété de sa princesse,
Son sang de ma faveur est un trop digne prix,
Et pour faire paraître à quel point je l’estime
Je la veux pour prêtresse et non pas pour victime,
Et l’ai déjà rendue aux rives de Tauris ».
Déesse vierge, Diane/Artémis préfigure la Vierge Marie et, ajout intéressant de Rotrou,
Clytemnestre a voué sa fille à la déesse dès sa naissance.
La vocation religieuse d’Iphigénie explique donc
l’exigence de Diane
qui ne repose pas sur une quelconque vengeance.
Source Internet.
Polymnie2, ce 3 octobre 2019
Il manque le poète, son état, expliquant ce poème
mais il a été effacé et je ne retrouve plus ses données sur internet!
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