• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

VERTIGE

LLUMIERELIVE

Moderator
Membre du personnel
VERTIGE

J’ai songé combien le présent pouvait être éphémère. Cette pensée m’a donné une sensation de malaise où je me suis sentie prise de vertige…

Ainsi cette phrase que je viens d’écrire est déjà tombée dans le passé !

Je me représente le présent tel un corridor, avec deux portes ouvertes en face à face…Le passé, le futur…

Je me tiens immobile dans ce couloir, glacée par ce courant d’air où le futur passe sans s’arrêter et s’engouffre déjà dans le passé…

Je suis emportée en ce tourbillon ne sachant plus guère où je me situe…

Hier j’étais, aujourd’hui je suis, demain je serai.

Mais en certains lendemains je ne serai plus et serai au passé, sans plus aucun aujourd’hui…



Cette spirale oscillante tangue en prismes cauchemardesques,

L’homme vacille en pantin désarticulé aux gestes burlesques,

Les tempes bleuies et résonnantes de pulsations effrénées,

Le souffle saccadé, il transpire, il suinte, il se débat effaré…



Son présent n’est qu’un mirage dont le reflet s’embue et se perd

En un labyrinthe abyssal aux remugles d’une sordide atmosphère,

Il croyait détenir la connaissance, le savoir, la science, le pourquoi du comment

Et voit qu’il n’est rien, qu’un infime grain de sable sans entendement,



Pris dans les rouages grinçants de son incompréhension,

Enchainé dans l’engrenage du temps et de ses macabres tourbillons,

Il est propulsé tel un fétu de paille stérile et desséché

Vers l’antre inconnu et déconcertant du passé…



Son futur a surgi sans qu’il en prenne garde ni conscience,

Sa mémoire chancelle, bascule, se contorsionne en démence,

Le présent s’éteint telle une bougie non consumée

Qu’une main étrangère et démoniaque aurait étouffée…
 
Le couloir de la vie et... celui de la mort. Chaque instant passé est une petite mort puisque nous ne sommes déja plus le même...
Dans ce "labyrinte" que tu décris si bien, chacun s'en sort à sa manière, et c'est bien là que Montaigne nous accompagne : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"
Et à la fin du poème mon effroi se précise, gare à l'alzheimer !!!
Je salue la grande poétesse, bises à l'amie
Jan
 
Ma Mumu, j'ai été happée et étourdie par ton poème, certes fantastique, mais pas que....tes mots sonnent très justes pour parcourir un labyrinthe qui n'a plus ni entrée ni sortie, comme une spirale infinie où présent passé et avenir se rejoignent et se confondent...
j'aime beaucoup ta phrase "En certains lendemains je ne serai plus et serai au passé, sansplus aucun aujourd'hui", et ton dernier quatrain qui m'a donné "la chair de poule"...gros bisous
 
magnifique poème sur le temps qui passe. je suis sur le c.., tu as su trouver les mots pour expliquer le difficilement explicable. sincèrement, un petit chef d'oeuvre. clap, clap, clap bsx
 
Retour
Haut