rivière
Maître Poète
Une robe de pluie
Cachons-nous sous cet auvent,
ma Douce,
auprès des bords de l’Anille,
vois,
en quelques minutes
le ciel s’est obscurci,
les hommes
dans les champs,
abandonnent leurs travaux,
déjà une robe de pluie écarte
les remparts des herbes,
puis entame les notes d’une ritournelle.
Au loin,
le clavecin des rimes de vent gronde
au travers des bocages,
les chênes râlent et se plient,
les amandiers se prosternent
sur l’écritoire des senteurs,
les pies piaulent
se font toutes petites
dans leurs nids,
tandis que
le cerf et sa harde attendent
la fin de cette bacchanale
qui choit
goutte après goutte
le long des feuilles,
le masque blafard d’une houle trépigne
parmi la prée
et énonce l’écrin d’un baiser,
des éclairs jaillissent,
les branches des saules
se plient
quand
les lèvres de l’averse
composent de nouveaux solfèges,
l’orage égrène
les grelots d’une plainte,
les forêts s’engourdissent.
Cependant,
l’azur revient doucement,
partons, ma mie,
entre
deux
haies ourlées de lumière,
car
le soleil illumine à nouveau
les hameaux du Maine, notre Patrie !
Sophie 839
Cachons-nous sous cet auvent,
ma Douce,
auprès des bords de l’Anille,
vois,
en quelques minutes
le ciel s’est obscurci,
les hommes
dans les champs,
abandonnent leurs travaux,
déjà une robe de pluie écarte
les remparts des herbes,
puis entame les notes d’une ritournelle.
Au loin,
le clavecin des rimes de vent gronde
au travers des bocages,
les chênes râlent et se plient,
les amandiers se prosternent
sur l’écritoire des senteurs,
les pies piaulent
se font toutes petites
dans leurs nids,
tandis que
le cerf et sa harde attendent
la fin de cette bacchanale
qui choit
goutte après goutte
le long des feuilles,
le masque blafard d’une houle trépigne
parmi la prée
et énonce l’écrin d’un baiser,
des éclairs jaillissent,
les branches des saules
se plient
quand
les lèvres de l’averse
composent de nouveaux solfèges,
l’orage égrène
les grelots d’une plainte,
les forêts s’engourdissent.
Cependant,
l’azur revient doucement,
partons, ma mie,
entre
deux
haies ourlées de lumière,
car
le soleil illumine à nouveau
les hameaux du Maine, notre Patrie !
Sophie 839