O temps de la Toussaint, lorsque tôt le soir tombe,
Que le soleil s’étiole et que l’ombre s’étend,
Tu me rends sombre aussi, quand, lugubre, j’entends
Le glas des gouttes d’eau qui sonne sur les tombes.
Entre les ifs je rôde, entre les chrysanthèmes,
Arpentant les allées, tristes chemins de croix,
Qui a perte de vue dans un silence froid
Défilent, alignées, du néant les emblèmes.
O temps de la Toussaint, fête de la faucheuse,
Célébrée par des fleurs aux couleurs de l’hiver,
Non ce n’est pas la vie mais plutôt son envers
Que tu chantes au son des antiennes pleureuses.
Tu reviens chaque année à la chute des feuilles,
A l’aube des frimas, au seuil des jours de nuit,
Rappelant que tout passe et que l’âge s’enfuit,
Que la vie sème ce que le trépas recueille.
O temps de la toussaint, des défunts la mémoire,
Des leurs rires d’antan sous la pierre figés,
Oui, nous serons à la même enseigne logés,
Nous dis-tu, lorsque nous entrerons dans l’histoire.
Dans l’austère jardin où ce qui fut repose,
Ad mortem aeternam, où les noms sont gravés,
De ceux qui un matin ne se sont pas levés,
Tu clames : « Votre sort sera celui des roses ».
Que le soleil s’étiole et que l’ombre s’étend,
Tu me rends sombre aussi, quand, lugubre, j’entends
Le glas des gouttes d’eau qui sonne sur les tombes.
Entre les ifs je rôde, entre les chrysanthèmes,
Arpentant les allées, tristes chemins de croix,
Qui a perte de vue dans un silence froid
Défilent, alignées, du néant les emblèmes.
O temps de la Toussaint, fête de la faucheuse,
Célébrée par des fleurs aux couleurs de l’hiver,
Non ce n’est pas la vie mais plutôt son envers
Que tu chantes au son des antiennes pleureuses.
Tu reviens chaque année à la chute des feuilles,
A l’aube des frimas, au seuil des jours de nuit,
Rappelant que tout passe et que l’âge s’enfuit,
Que la vie sème ce que le trépas recueille.
O temps de la toussaint, des défunts la mémoire,
Des leurs rires d’antan sous la pierre figés,
Oui, nous serons à la même enseigne logés,
Nous dis-tu, lorsque nous entrerons dans l’histoire.
Dans l’austère jardin où ce qui fut repose,
Ad mortem aeternam, où les noms sont gravés,
De ceux qui un matin ne se sont pas levés,
Tu clames : « Votre sort sera celui des roses ».