(ou la journée d'une lycéenne qui ce jour là avait envie de voir les choses sous d'autres angles)
J'ai vu ce matin une femme
J'ai cru qu'elle promenait un cheval
Alors que c'est son parapluie qu'elle tenait
J'ai vu un oiseau tout blanc survoler la Seine
Deux, trois battements d'ailes
Et puis plus rien
C'était l'ombre mouvante d'une mouette
Qui soudain s'est noyée
J'avais pris après mon réveil
Le ventre du rectangle plein de poux
Arrivée dedans j'avais oublié le passe-partout
J'ai vu le soleil qui brillait
Alors qu'entre quatre murs je mourais
Je fus libre quand une cloche a sonné
Et là la pluie était au rendez-vous
Elle n'avait pas oublié
Mon livre soudain s'échappa
Il est tombé dans la mer de goudron
Il a disparu sous le trottoir
Et à tâtons en faisant bien attention
A ce qu'il n'engloutisse pas non plus main
Je l'ai retrouvé dans le noir
Je dois perdre des tours d'horloge précieux
Dans une baie vitrée
Où une "Gina" ne cesse de me saouler de son regard
bizarre
Dans un poême j'ai vu le mot
"yeux" écrit 777 fois
Ils regardent, ils vivent, ils bougent
Ils sont là
Globuleux, hagards, insipides
Ils pullulent
La "Gina" aux cheveux de terre
Ne me quitte plus des yeux
Tendre sourire
Elle est jolie
Mais j'ai pu m'en aller enfin
Charme rompu
Chapeau pointu et turlututu c'est foutu.
(Hiver 1982)
J'ai vu ce matin une femme
J'ai cru qu'elle promenait un cheval
Alors que c'est son parapluie qu'elle tenait
J'ai vu un oiseau tout blanc survoler la Seine
Deux, trois battements d'ailes
Et puis plus rien
C'était l'ombre mouvante d'une mouette
Qui soudain s'est noyée
J'avais pris après mon réveil
Le ventre du rectangle plein de poux
Arrivée dedans j'avais oublié le passe-partout
J'ai vu le soleil qui brillait
Alors qu'entre quatre murs je mourais
Je fus libre quand une cloche a sonné
Et là la pluie était au rendez-vous
Elle n'avait pas oublié
Mon livre soudain s'échappa
Il est tombé dans la mer de goudron
Il a disparu sous le trottoir
Et à tâtons en faisant bien attention
A ce qu'il n'engloutisse pas non plus main
Je l'ai retrouvé dans le noir
Je dois perdre des tours d'horloge précieux
Dans une baie vitrée
Où une "Gina" ne cesse de me saouler de son regard
bizarre
Dans un poême j'ai vu le mot
"yeux" écrit 777 fois
Ils regardent, ils vivent, ils bougent
Ils sont là
Globuleux, hagards, insipides
Ils pullulent
La "Gina" aux cheveux de terre
Ne me quitte plus des yeux
Tendre sourire
Elle est jolie
Mais j'ai pu m'en aller enfin
Charme rompu
Chapeau pointu et turlututu c'est foutu.
(Hiver 1982)