benoit la plume
Maître Poète
UN TOUT PETIT LAPIN
J’ai croisé ce matin
Dans les allées du parc
Un tout petit lapin
Qui fila comme un arc.
Mon pas l’avait saisi
Dans son chant matinal
En une ombre épaissie
D’un énorme animal.
On n’est jamais tranquille,
Dans la vie c’est écrit,
Qu’on soit garçon ou fille,
Si on dort on est pris.
Les oreilles dressées,
Aux aguets, aux abois,
La peur de la fessée
Et du temps qui nous broie.
On n’est jamais tranquille,
A l’école, au boulot ,
Au cœur de la famille,
Ça sonne on dit allo,
Toujours au garde-à-vous
Au métro, au dodo.
Parfois on se l’avoue,
On en a mal au dos.
On vote pour le plus con
Et pour la plus jolie ;
Du haut de leur balcon
Ils nous toisent, impolis.
On les a mis là-haut,
On est là à gémir,
A tendre le chapeau,
Et eux à se servir.
Dans la vie c’est écrit,
Ramer et laisser dire.
Le voyage en Syrie,
On aura connu pire.
Des immeubles qui s’écroulent,
C’est à deux heures d’avion,
Des réfugiés en foule,
Des cœurs sans compassion.
Les abeilles ont vécu
Ce que vivent les fleurs
Que l’on traite en vaincus
Au pulvérisateur.
Fuyant petit lapin,
Si tu savais combien
Le destin des humains
Est un peu comme le tien.
On n’est jamais tranquille,
Dans la vie c’est écrit,
Qu’on soit garçon ou fille
Si on dort on est pris.
J’ai croisé ce matin
Dans les allées du parc
Un tout petit lapin
Qui fila comme un arc.
Mon pas l’avait saisi
Dans son chant matinal
En une ombre épaissie
D’un énorme animal.
On n’est jamais tranquille,
Dans la vie c’est écrit,
Qu’on soit garçon ou fille,
Si on dort on est pris.
Les oreilles dressées,
Aux aguets, aux abois,
La peur de la fessée
Et du temps qui nous broie.
On n’est jamais tranquille,
A l’école, au boulot ,
Au cœur de la famille,
Ça sonne on dit allo,
Toujours au garde-à-vous
Au métro, au dodo.
Parfois on se l’avoue,
On en a mal au dos.
On vote pour le plus con
Et pour la plus jolie ;
Du haut de leur balcon
Ils nous toisent, impolis.
On les a mis là-haut,
On est là à gémir,
A tendre le chapeau,
Et eux à se servir.
Dans la vie c’est écrit,
Ramer et laisser dire.
Le voyage en Syrie,
On aura connu pire.
Des immeubles qui s’écroulent,
C’est à deux heures d’avion,
Des réfugiés en foule,
Des cœurs sans compassion.
Les abeilles ont vécu
Ce que vivent les fleurs
Que l’on traite en vaincus
Au pulvérisateur.
Fuyant petit lapin,
Si tu savais combien
Le destin des humains
Est un peu comme le tien.
On n’est jamais tranquille,
Dans la vie c’est écrit,
Qu’on soit garçon ou fille
Si on dort on est pris.