lamiss3
Nouveau poète
Comment te dire, maman ? C'est plus fort que moi. Malgrès moi, je peux pas t'écouter. J'ai besoin de te montrer que je veux pas être c'que t'es. Je voudrais te dire que je t'aime, maman, mais je refuse ta position, te ressembler. Je peux pas accepter l'inacceptable de ta relation avec cet homme qui est mon père. Je t'en veux d'obéir toujours. Je sais que t'as pas le choix. Mais cette peur que tu transpires, j'en veux pas. J'ai besoin de me battre, c'est vital, j'ai besoin de ça. L'ouvrir tout le temps, sinon rien, ça sert à rien. Vivre sans, je veux pas. Je peux pas, plutôt crever. Mais maman, c'est une médaille pour toutes les guerres qu'il faudrait te remettre. Jamais de ma vie, dans l'épreuve de la douleur, j'ai vu une femme en passer par autant de position. Tout en voulant toujours faire le moins de dégats possibles. Pour les autres vies, au moins. Mais rester maternelle avant tout. Lui, papa, ça le dérange pas de te faire ça. Ca veut rien dire, il veut pas comprendre. Trop emcombrant. Jamais soucié par son rôle d'homme. Le semblant de paix, le bonheur qu'on te fait bouffer de l'extérieur, je vois bien que tu t'y fais pas. Je sais que c'est de la dignité devant moi. T'as toujours nié, jamais avoué. Mais seule, j'entends les cris de ton coeur, devenus trops bruyants. Alors c'est la vie ? C'était ça, ta vie ? Alors on peut vivre de cette façon sans que cela ne dérange personne ? Comme si ton existance a si peu de valeur ? Tellement inexorable, tellement rien du tout ? Mais tu pourrais crever dans cette incompréhension, crever dans le silence, crever dans l'indifférence générale, crever dans l'idée que toi et tes semblables se courberont toujours et encore. Dure constatation. Mais maman, même si maintenant ta bouche est close, ta face, ta geule, ton visage est marqué par ton passé. Et sur ton front, se lit qu'le malheur et la souffrance t'ont traversé. Mais pour ça, t'as pas besoin de parler. Sous mes yeux, ta vie se déroule. Mais témoins, je veux pas devenir complice. Je veux pas collaborer au putain de rôle que papa tente de tenir. Tout seul, il peut se persuader qu'il a rien fait. Tout seul, il peut se convaincre que c'est pas sa faute. Mais moi, rien, que dalle. J'arrive pas à gober. J'avalerai rien. je contribuerai pas. Je lui rappellerais, j'y veillerai, maman. Je t'aime... je t'aime.