Un vieux studio d'une pièce, le plancher craque, le dernier étage, comme grenier, des rats aux recoins, au plafond, des trous, dans le toit, un nid d'oiseau s'est installé dans la charpente, c'est juste pour écrire le soir en sortant du travail, l'alcool non, l'écriture oui, l'encre coulera de son encrier, je n'aurai ni électricité ni télé, juste un matelas pour dormir, le petit déjeuner, une baguette, à la boulangerie, si épuisé par la journée, je m'endormirai à 22 h si ce n'est pas plutot, un texte comme comptine, je ferai dodo en position foetus pour garder la chaleur de mon corps comme chauffage naturel. Quand il fera chaud, sans fenetre, l'air s'infiltera par les trous du plafond, j'irai faire un petit tour sur les bancs des parcs voisins, reprendre assez d'oxygène pour revenir les poumons remplis de chants de rossignol, je serai content, le lendemain, j'irai à pied au boulot, comme d'habitude, l'exercice est devenu quotidien, je m'y suis fait, et si demain, je suis viré, je n'aurai que deux sous pour immigrer ailleurs, avec l'esprit clair, et le coeur solitaire tranquille, pour m"en aller seul, là,où, le travail voudra mes services, je lui rendrai. Je ferai de nouvelles rencontres avec des miséreux comme moi, artistes, bohèmiens, poètes, écrivains, peintres, sculpteurs... j'écrirai des lettres pour envoyer à mes comfrères de nouvelles régulières, ils se feront une joie de me répondre dés que possible, le temps nous fera vieillir lentement, notre sagesse sera égale à notre apparent age.
Tu ne sais pas comment la vie va t'accuser..
Tu ne sais pas comment la vie va t'accuser..