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TESTAMENT

Elizabeth

Nouveau poète

Quelle désolation, quelle révolte traître
D’être si vulnérable après tant de fierté
Et ne plus être seul à disposer de l’être
Entourant cet esprit qui ne s’est pas usé
Sentir en ses veines le sang couler encore
Tout en étant certain qu’il cessera bientôt
Et qu’il ne restera que ce cadavre mort
Rongé presqu’aussitôt par les vers du tombeau
Mon dos rigide et sourd m’élance tant la nuit
Qu’il envenime de douleur mon lent sommeil
Clouant mes journées et mes longues insomnies
A ce sommier de bois qui seul reste en éveil
Mes bras autrefois sûrs et gonflés par l’effort
Aujourd’hui tremblent comme un moulin face au vent
Qui craint de se briser mais qui résiste encore
Jusqu’à ce que le temps l’emporte doucement
Mes jambes molles et raides ont paru oublier
Chaque jour davantage leur fonction première
Leur chemin à présent n’est plus si escarpé
Mais, fatiguées, elles achèvent leur carrière
Quant à ce visage où la vie traîne toujours
Mais que la vieillesse a rongé d’imperfection
On voit les plis de l’âge creuser tour à tour
Sur cette peau jaunie des éternels sillons
Quel orgueil et quelle pitié d’avoir pu croire
A l’immortalité, à un déclin lointain
Sans jamais s’avouer cette crainte du soir
Qui arrivera bien, aujourd’hui ou demain
Ma seule occupation se réduit à présent
A penser à hier, à pleurer mon passé
Et sans oser me projeter plus en avant
L’avenir déjà m’a en partie oublié
Je voudrais proclamer à tous ceux que j’aimais
A ceux qui ont marqué par du bonheur ma vie
Que pour eux mes lèvres à l’infini ne voudraient
Déposer qu’un seul mot, et ce mot est « merci »
Les personnes croisées, les amis de passage
Gardent ma reconnaissance jusqu’à la fin
Car sans tous ces regards et ces nombreux visages
Je n’aurais su que sans l’autre l’homme n’est rien
Enfin aux habitants des continents du globe
J’adresse ce message rempli d’amitié
A ces rencontres que seul le temps me dérobe
Qui sont mes semblables pourtant si éloignés
A présent je pardonne à ceux qui m’ont haï
Je dépose les armes dressées sur la haine
Pour bien mourir, je dois mourir sans ennemis
Oublier les querelles et les disputes vaines
Comme un dernier message, une ultime supplique
Ce testament est pour ceux qui voudraient savoir
Après des réflexions ou un parcours tragique
Les pensées d’un vieillard quand arrive le soir
La vie en vaut la peine, peinez et soyez
Comme moi à la fin vraiment récompensés
Malgré cette hantise de passer à trépas
La vie doit s’écouler, et s’achever par là
Nous ne sommes sur terre, sinon par défaut
Pour trouver le bonheur malgré tous nos travers
A chacun son destin, à chacun son drapeau
Mais pour chacun la même arrivée sur la terre
Car tous nous avons bien le même firmament
Quand par le poids des ans ou le choix du destin
Nous devrons fermer les deux yeux en même temps
Et en apothéose éclaircir le mot « fin ».

 
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