Eléâzar
Maître Poète
Tantôt la crampe aux pieds, tantôt la goute aux mains,
Le muscle, le tendon, et le nerf te travaille ;
Tantôt la pleurésie te livre la bataille,
Et la fièvre te point de ses traits inhumains ;
Tantôt l'âpre gravelle épaissie en tes reins
Te pince les boyaux de tranchante tenaille :
Tantôt une apostume aux deux poumons t'assaille,
Et l'ébat de Venus trouble tes yeux sereins.
Ainsi en advient-il à quiconque demeure
En la maison d'autrui, mais s'il faut que tu meure,
Tu deviens aussitôt pensif et soucieux :
Hélas aimes-tu mieux mourir toujours en doute
Que vivre par la mort ? celui qui la redoute
Ne fera jamais rien digne d'un homme preux.
Jean-Baptiste CHASSIGNET
1 571 - 1 635
Le muscle, le tendon, et le nerf te travaille ;
Tantôt la pleurésie te livre la bataille,
Et la fièvre te point de ses traits inhumains ;
Tantôt l'âpre gravelle épaissie en tes reins
Te pince les boyaux de tranchante tenaille :
Tantôt une apostume aux deux poumons t'assaille,
Et l'ébat de Venus trouble tes yeux sereins.
Ainsi en advient-il à quiconque demeure
En la maison d'autrui, mais s'il faut que tu meure,
Tu deviens aussitôt pensif et soucieux :
Hélas aimes-tu mieux mourir toujours en doute
Que vivre par la mort ? celui qui la redoute
Ne fera jamais rien digne d'un homme preux.
Jean-Baptiste CHASSIGNET
1 571 - 1 635