Filiatus
Maître Poète
Connu dans nos livres d'histoire
Pour pratiquer le double-jeu
Résonnent dans quelques mémoires
Ses insupportables "Moi je"
Redouté dans toute l'Europe
Il sut avec force élégance
Défendre ses intérêts propres
Autant que ceux de notre France
Voici la vie sans artifices
Du premier jour, jusqu'à la mort
De noble homme Charles Maurice
De Talleyrand de Périgord
Pour les besoins de mon poème
Je ne prendrai pas ces prénoms
Ni le premier, ni le deuxième
Je l'appellerai par son nom
Celui-ci est né à Paris
La même année que le Dauphin
Je veux parler de Petit-Louis
Qui aura une triste fin
Issu de la haute noblesse
Notre héros est aussitôt
Destitué de son droit d'aînesse
À cause d'un fichu pied-bot
Et comme on le fait chez les princes
On le destine au séminaire
D'ailleurs l'archevêque de Reims
Est un des frères de son père
Il entre alors à Saint-Sulpice
Passe son baccalauréat
Soutient une thèse et, d'office
Dirige le grand vicariat
L'année suivante, il monte en grade
Il est trésorier de l'Église
Mais commence la mascarade
Car notre homme aime une marquise
En mil sept cent quatre-vingt-huit
On le nomme évêque d'Autun
Mais il s'en échappe bien vite
Car autre part est son destin
Quand la Révolution s'installe
Il est député du clergé
Et à l'Assemblée nationale
Crie que leurs biens soient confisqués
On l'applaudit, mieux, on l'acclame
On lui confie une mission
De sacrer les prêtres infâmes
Comme curés de la nation
Mais Danton, en quatre-vingt-treize
Trouvant des lettres d'amitié
Entre Talleyrand et Louis XVI
Sur le champ le fait rechercher
Toujours avec un coup d'avance
Il s'exile aux États-Unis
Et ne remet les pieds en France
Qu'une fois la Terreur finie
Bien vite on le réhabilite
Et même ministre on le nomme
Mais fin stratège ou hypocrite
Déjà complote le bonhomme
Avec le Petit caporal
Il prépare le coup d'état
Qui le conduit tant bien que mal
Au poste qu'il avait déjà
Titré prince de Bénévent
Au début de mil huit cent-six
Il est très riche maintenant
Grâce à la main impératrice
Peu à peu Talleyrand critique
La politique de son chef
Napoléon catégorique
Au Conseil lui en fait grief
Le rusé Talleyrand bascule
Définitivement dans l'erreur
Quand avec le Tsar il spécule
Sur les desseins de l'Empereur
Napoléon, furieux le chasse
Céans de son gouvernement
Tout en lui gardant une place
Dans son proche environnement
La rupture est définitive
Au traité de Fontainebleau
Puis la Restauration arrive
Lors, il rapplique au grand galop
Ministre du roi Louis XVIII
Pour le peuple c'est une icone
Mais vite il doit prendre la fuite
Car l'Empereur reprend le trône
La défaite de Waterloo
Envoie sur une île sinistre
L'Empereur, et notre héros
Au poste de Premier ministre
Mais, dès l'année mil huit cent-seize
Il est renvoyé pour impair
Et dans l'opposition, à l'aise
Il siège à la Chambre des pairs
Sous Charles X, grand chambellan
Et à ce titre, en tant que prince
Comme pour le roi précédent
Il assiste au sacre de Reims
Quand de nouveaux contestataires
Au roi veulent faire la peau
Le malicieux septuagénaire
A déjà changé son drapeau
Le roi Louis-Philippe Ier
Offre sa dernière mission
Au prince pour réconcilier
La France et la perfide Albion
Il meurt en mil huit cent trente-huit
Mais bien qu'il ne fût plus très pieux
Il réclama de l'eau bénite
Pour tromper le monde et les Cieux
Pour pratiquer le double-jeu
Résonnent dans quelques mémoires
Ses insupportables "Moi je"
Redouté dans toute l'Europe
Il sut avec force élégance
Défendre ses intérêts propres
Autant que ceux de notre France
Voici la vie sans artifices
Du premier jour, jusqu'à la mort
De noble homme Charles Maurice
De Talleyrand de Périgord
Pour les besoins de mon poème
Je ne prendrai pas ces prénoms
Ni le premier, ni le deuxième
Je l'appellerai par son nom
Celui-ci est né à Paris
La même année que le Dauphin
Je veux parler de Petit-Louis
Qui aura une triste fin
Issu de la haute noblesse
Notre héros est aussitôt
Destitué de son droit d'aînesse
À cause d'un fichu pied-bot
Et comme on le fait chez les princes
On le destine au séminaire
D'ailleurs l'archevêque de Reims
Est un des frères de son père
Il entre alors à Saint-Sulpice
Passe son baccalauréat
Soutient une thèse et, d'office
Dirige le grand vicariat
L'année suivante, il monte en grade
Il est trésorier de l'Église
Mais commence la mascarade
Car notre homme aime une marquise
En mil sept cent quatre-vingt-huit
On le nomme évêque d'Autun
Mais il s'en échappe bien vite
Car autre part est son destin
Quand la Révolution s'installe
Il est député du clergé
Et à l'Assemblée nationale
Crie que leurs biens soient confisqués
On l'applaudit, mieux, on l'acclame
On lui confie une mission
De sacrer les prêtres infâmes
Comme curés de la nation
Mais Danton, en quatre-vingt-treize
Trouvant des lettres d'amitié
Entre Talleyrand et Louis XVI
Sur le champ le fait rechercher
Toujours avec un coup d'avance
Il s'exile aux États-Unis
Et ne remet les pieds en France
Qu'une fois la Terreur finie
Bien vite on le réhabilite
Et même ministre on le nomme
Mais fin stratège ou hypocrite
Déjà complote le bonhomme
Avec le Petit caporal
Il prépare le coup d'état
Qui le conduit tant bien que mal
Au poste qu'il avait déjà
Titré prince de Bénévent
Au début de mil huit cent-six
Il est très riche maintenant
Grâce à la main impératrice
Peu à peu Talleyrand critique
La politique de son chef
Napoléon catégorique
Au Conseil lui en fait grief
Le rusé Talleyrand bascule
Définitivement dans l'erreur
Quand avec le Tsar il spécule
Sur les desseins de l'Empereur
Napoléon, furieux le chasse
Céans de son gouvernement
Tout en lui gardant une place
Dans son proche environnement
La rupture est définitive
Au traité de Fontainebleau
Puis la Restauration arrive
Lors, il rapplique au grand galop
Ministre du roi Louis XVIII
Pour le peuple c'est une icone
Mais vite il doit prendre la fuite
Car l'Empereur reprend le trône
La défaite de Waterloo
Envoie sur une île sinistre
L'Empereur, et notre héros
Au poste de Premier ministre
Mais, dès l'année mil huit cent-seize
Il est renvoyé pour impair
Et dans l'opposition, à l'aise
Il siège à la Chambre des pairs
Sous Charles X, grand chambellan
Et à ce titre, en tant que prince
Comme pour le roi précédent
Il assiste au sacre de Reims
Quand de nouveaux contestataires
Au roi veulent faire la peau
Le malicieux septuagénaire
A déjà changé son drapeau
Le roi Louis-Philippe Ier
Offre sa dernière mission
Au prince pour réconcilier
La France et la perfide Albion
Il meurt en mil huit cent trente-huit
Mais bien qu'il ne fût plus très pieux
Il réclama de l'eau bénite
Pour tromper le monde et les Cieux