Tsarau
Grand poète

Sur le trottoir de ma vie
Il y a une femme qui sourit
Entre son sein un enfant endormi
Son souffle calme et assoupi
Entre les seins de cette femme
Une femme qui sourit
Sur le trottoir de mon existence
Il y a les airs de l'enfance
Les chansons que l'on danse
Dont les premiers baisers de l'innocence
Ont le parfum d'une vieillerie d'insouciance
Sur le trottoir d'un passé
Il y a des yeux éveillés
Le corps vers le soleil, de passion brûlé
Il y a aussi le verbe aimer
Qui se conjugue d’affilée
Sur le trottoir du moi
Il y'a l'age et l’émoi
Les jours des chacun pour soi
Les jours ou l'on reste chez soi
Et ces moments ou s'y mêle un toi
Je rassemble mes morceaux
Philo, mégalo, schizo, psycho
Et enfin l'idiot que je fus trop tôt
Et je regarde cette montagne de fiasco
Alors est-ce cela être humain
Est-ce tout pour tout ce chemin ?
Se pervertir dans le masculin, féminin
Accoucher de mots orphelins.
Se rassasier dans le délire d'un corps en déclin
Sur ces débris ou je me suis assis en roi
Roi d'une immonde masse
Roi d'un seul royaume
Roi et mon propre sujet
Roi et mon propre peuple
Roi et rien du tout
Que de la cendre qui parle
Roi et rien du tout
Qu'un corps qui saigne
Roi de soi même
Un roi qui n'aura personne pour raconter ses aventures.
Il aura peut-être avant qu'il ne meure
Et devenir personne que de la cendre qui raconte
Une pensée peut-être pour cette femme qui saura revenir
Une femme qui au début de sa vie lui avait offert un sourire.