• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Souvenir de Vacances

TheFantasier

Nouveau poète
Les vacances, c'est la période où les imbéciles heureux ont toujours raison. Où les gens souriants qui se taisent, une guitare à la main et des lunettes sur le bec, me semblent les plus appréciables. Pourtant, on en voit de ces gens qui viennent s'agglutiner dans les campings pour y crier tous ensemble qu'ils y sont trop peu de temps, que le travail qu'ils sont abattu toute l'année ne vaut pas ce ciel mi-gris et que les mouettes crient plus fort qu'eux... Moi, je préfère les mouettes.

Je mange ma glace en regardant les hommes raconter à la mer leurs soucis de bureaucrates ou la peine qu'ils ont à ramener leur femme chaque année. Elle, elle répond toujours par le même soupir exaspéré et répétitif... Je ne crois pas qu'elle, la grande, la belle, se soucie des problèmes personnels, mais elle est sans nul doute bien plus forcée d'écouter que ceux qui le devraient.

Coté rue, ce n'est guère mieux. D'autres encore survolent à peine ce qu'ils sont sensés venir voir, bien trop concentrés sur leur nombril en se demandant comment le faire avancer sans trop bouger les fesses. Spécialisés dans l'art de péter en altitude, ils jettent leurs sandwichs gras et onéreux à peine entamés dans les poubelles déjà remplies, juste à côté d'un ou deux barbus au teint mat qui les auraient volontiers mangés sans qu'ils aient trainés dans les ordures auparavant.

Les imbéciles heureux - cigarette, guitare, lunettes, canettes – forment des cercles d'étranges silhouettes aux cheveux emmêlés, sur le sable ou le bitume. La masse des soucieux chroniques leur lance des regards chargés du noir démérite qui leur échoit à paraître plus heureux qu'eux sans travailler dur et en étant restés insouciants. Mais dans le dos, les regards. Sans doute de peur de rencontrer dans les yeux d'un de ces loqueteux souriants une raison de les envier et de regretter un peu plus encore la courte situation de travailleur en congé...

Mais eux, les imbéciles heureux, ils s'en foutent. Au crochet d'une société qui leur tend volontiers, vivant de restes qu'on ne va pas brûler, freins à une avancée...Vers où ?

Ils sont peut-être flemmards, cons, sales et souvent affamés, mais ils sourient à la mer, eux, chaque année.
 
superbe prose ! qui donne envie... d'être imbécile.
et heureux !
bravo !
 
Ça pourrait presque faire... une partie de roman.
Les imbéciles heureux ont ce privilège de ne se soucier de rien..
Belle prose
 
Retour
Haut