Je ne t’ai pas vu. J’ai cru te voir, simplement,
Ou peut-être ai-je réussi à percevoir
Quelques bribes de ton âme. Insuffisant,
C’était si insuffisant. Comment concevoir
Qu’un monstre aussi horrible ait pu te posséder?
J’ai été aveugle, comme à mon habitude
Et j’ai payé très chère cette cécité.
J’ai dû te perdre, perdre ta sollicitude.
Les sourires moqueurs, les poings sur mon épaule,
Les parties de cartes se sont évaporés
Comme ça, comme rien, partout aux quatre pôles.
Je n'ai pas su m'opposer, je n'ai pas su me cabrer!
Pourtant, j’aurais voulu lutter contre ce monstre.
Mais il m’aurait fallu défaire ce rival
Bien plus intense que moi, capable de m’abattre
À chaque fois que je le défi, un aval
Au courant trop puissant. Je suis faible, trop faible
Pour vaincre le temps! Je ne suis pas un héro.
Je ne peux pas être plus léger que le sable,
Je ne peux pas stopper de mes poings les bourreaux,
Je ne peux pas rattraper la proie la chute.
Je suis un homme, juste un homme à la merci
De chaque seconde, qui avance et qui bute
Sans cesse les pierres en espérant un sursis.
J’ai peur du temps. L’épouvante que j’en ressens
S'impose à mes cauchemars. Son autorité
S'élève au rang d'absolu. Il a sur mon sang
La main mise. Chacune des aspérités
De mon visage, chacun de mes cheveux blancs
Et mon histoire même, sont sous sa maîtrise.
Mais, il n’a qu’un pouvoir que je crains, un relent
Accablant. Il peut tout effacer. D’une brise,
Chacun de mes souvenirs peut devenir flous.
Oui, il peut me faire t’oublier. Tous mes cris,
Chaque larme, faibliront, deviendront tabous
Au fil des jours. Malgré mon refus, j’oublie!
Alors, pardonne-moi cher ami, plus léger
Que le sable désormais. Pardonne à un homme
Insignifiant qui n’a pas su te protéger
De ce vil monstre, de ton monstre, de toi-même…
Toi qui n’es plus, je t’en supplie, sois indulgent.
Oh! Pardonne-moi d’être sous les feux du temps!
Ou peut-être ai-je réussi à percevoir
Quelques bribes de ton âme. Insuffisant,
C’était si insuffisant. Comment concevoir
Qu’un monstre aussi horrible ait pu te posséder?
J’ai été aveugle, comme à mon habitude
Et j’ai payé très chère cette cécité.
J’ai dû te perdre, perdre ta sollicitude.
Les sourires moqueurs, les poings sur mon épaule,
Les parties de cartes se sont évaporés
Comme ça, comme rien, partout aux quatre pôles.
Je n'ai pas su m'opposer, je n'ai pas su me cabrer!
Pourtant, j’aurais voulu lutter contre ce monstre.
Mais il m’aurait fallu défaire ce rival
Bien plus intense que moi, capable de m’abattre
À chaque fois que je le défi, un aval
Au courant trop puissant. Je suis faible, trop faible
Pour vaincre le temps! Je ne suis pas un héro.
Je ne peux pas être plus léger que le sable,
Je ne peux pas stopper de mes poings les bourreaux,
Je ne peux pas rattraper la proie la chute.
Je suis un homme, juste un homme à la merci
De chaque seconde, qui avance et qui bute
Sans cesse les pierres en espérant un sursis.
J’ai peur du temps. L’épouvante que j’en ressens
S'impose à mes cauchemars. Son autorité
S'élève au rang d'absolu. Il a sur mon sang
La main mise. Chacune des aspérités
De mon visage, chacun de mes cheveux blancs
Et mon histoire même, sont sous sa maîtrise.
Mais, il n’a qu’un pouvoir que je crains, un relent
Accablant. Il peut tout effacer. D’une brise,
Chacun de mes souvenirs peut devenir flous.
Oui, il peut me faire t’oublier. Tous mes cris,
Chaque larme, faibliront, deviendront tabous
Au fil des jours. Malgré mon refus, j’oublie!
Alors, pardonne-moi cher ami, plus léger
Que le sable désormais. Pardonne à un homme
Insignifiant qui n’a pas su te protéger
De ce vil monstre, de ton monstre, de toi-même…
Toi qui n’es plus, je t’en supplie, sois indulgent.
Oh! Pardonne-moi d’être sous les feux du temps!
À la mémoire de l'un de mes meilleurs amis...