On pourrait croire que l'arrivée de l'hiver ravive les coeurs, Après les chaleurs de l'été, vient enfin la froideur. Mais ce froid m'étouffe, me fait suffoquer, Loin de tous, je me trouve isolée. Les nuits sont toutes tristes et facteurs de folie passagère. Et dans cette rue noire et austère, Un lampadaire tente de diffuser sa lumière, Mais il ne peut lutter contre l'obscurité des nuits d'hiver, Le démon de la solitude s'empare de nos esprits, La couche est froide ce soir, car nous sommes seuls dans notre lit. Le feu brûlant de la cheminée ne peut y remédier, Car tout cela dépend en vérité de notre volonté. Nous marchons sur cette étendue glacée et déserte, Sans entendre aucun bruit, Un silence assourdissant s'est établi, Et nous croyons aller à notre perte, Quand ce supplice prendra-t-il fin ? Y aura-t-il un jour un nouveau matin ? Un optimiste vous répondrait qu'après l'hiver, vient le printemps, Mais un être seul vous répondrait, Que dans la solitude, on ne voit pas de changement, Et que la tristesse nous accompagne même durant les beaux jours de mai. Larme glacée, Nuit sans fin, Solitude hivernale.