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Silence 2.

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion totora
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totora

Nouveau poète
« Et si après tout j’avais simplement peur de ton bonheur ? Peur de te voir un jour heureuse, peur de te voir changer et de ne plus pouvoir te reconnaître. Si après tout, j’avais peur que tu ne sois plus celle que j’aime de tout mon être, de toutes les fibres, de tout mes songes, comme si j’avais éternellement peur que les bras d’un autre t’emprisonne un peu trop, et que le violent corbeau ne se plait plus d’un coup dans le ciel, comme si tu n’étais plus autant insaisissable, ni plus récupérable, je crois que j’aimais la sensation de défier ton sourire impassible… Et si… Et si, et si.
J’ai longtemps cherché à comprendre ce vide qui meurtrit mon corps, j’ai longtemps cherché, j’ai souvent compris à tord, j’ai souvent défié le sourire mort de mon propre visage, les quelques éclats de souvenance perdue au loin, les morceaux de moi pas recollées, j’ai souvent prié Dieu, lui qu’existe à peine, ou même pas ! Lui que j’ai tant dénigré dans mes sourires affolés, dans mes constats alarmants, dans ma mélancolie ! Lui avec qui j’ai tant voulu me rabibocher quand il n’y avait vraiment plus rien, lui là qui… lui… que m’aide à avancer, même les yeux fermés, et les deux pieds joints, qui me fait décoller un peu de la terre et du temps, dans ses musiques funestes, les notes du piano qui vrillent mes tympans, le pincement du violon qui se perd dans la voix morne de ces chanteurs que j’aime tant ! Tu sais quoi ? Tu sais quoi… et bien ce vide c’est probablement ton bonheur, toi Soleil-Insaisissable-Levant-Tournoyant-Perdu-Apeuré-Mordue-Par-Le-Sourire-De-La-Solitude.
Ames vagabondes… revenez donc me chercher, j’ai enfin trouvé la clé ! J’ai enfin compris la douleur qui ne partira pas, j’ai envie appris pourquoi le jour se lève dans mes yeux, dans ma candeur oubliée, enchainée dans l’étroite prison de mon esprit. »
 
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