matheo
Poète libéré
Où m’entraînes tu souffle de vent
Encore vers un sort sans visage
Ou vers une destinée sans rivage
Je reconnus plus mon lendemain
Ni ces rides de mon sombre reflet
Sur le miroir géant du temps cruel
Souvent, j’ai conjuré ta clémence
Dévoilé mes tourments et songes
Et confié mon âme qui a vieillie
Pour soulager un peu le cœur trahi
De la peine l’ayant presque ramollie
La voile fatiguée de mon voilier
S’est déchirée et cherche en vain
Cette terre de paix pour accoster
Cet aube rougeâtre fin de ta nuit
Maintes années, tu m’as abandonné
Seul dans la peau de la torture
Dans ton néant sauvage et obscure
Je ne crois plus en tes promesses
En ces espoirs que tu m’as injecté
Par la seringue des lentes décennies
Les ennuis en couches s’accumulent
Sculptant sur mon visage de mort
Des œuvres bénis par la vieillesse
Souffle de vent, je suis ta proie
Une épave ou un cadavre froid
Une bougie méprisée éteinte à jamais
Sans cire blanc ou éclat de la flamme
Qui ranimait mon esprit condamné
A vivre sa vie comme un damné