Filiatus
Maître Poète
Samuel de Champlain serait né à Brouage
Tout près de La Rochelle, en plein cœur de l'Aunis
Et tandis qu'alentour la guerre faisait rage
Au temple protestant, les siens l'avaient béni
Enfant d'Antoine et de Marguerite Le Roy
Le jeune Samuel accompagne son père
Capitaine au long cours, qui en fait son bras droit
Pour qu'il soit un solide et vaillant loup de mer
Quand le bon roi Henri pour gagner son royaume
Doit vaincre les Ligueurs, Samuel à vingt ans
Et tel son souverain, il chausse armure et heaume
Pour courir se rallier à son panache blanc
Grâce à son oncle, ami de marins Ibériques
Il embarque un beau jour depuis le Portugal
Et découvre avec joie cette jeune Amérique
Encore dénommée "Indes occidentales "
Il explore la côte en longeant le Mexique
Descendant jusques à l'isthme de Panama
Et devinant, tout près, l'océan Pacifique
Il prétend qu'un canal un jour s'y creusera
En mars mil six cent trois à bord de son trois-mâts
Les cales regorgeant de peaux et de fourrures
Il vogue cette fois-ci vers le Canada
Espérant bien faire quelques "découvertures"
Là-bas, sur des canots, l'équipage s'embarque
Et remonte le fleuve sous les yeux des indiens
Jusqu'à l'endroit magique où jadis le grand Jacques
Cartier abandonna l'idée d'aller plus loin
En septembre la flotte est déjà de retour
Et après un hiver passé dans leur foyer
Au mois de mai suivant, les marins au long cours
Pour le pays lointain mènent leurs grands voiliers
En ce siècle naissant Henri IV encor, règne
Et pour lui Samuel explore et restitue
Son périple en un livre et sur des plans renseigne
Avec sa plume d'oie, les moindres criques nues
Son troisième voyage reste le plus sublime
Alors que tout semblait être voué à l'échec
Scorbut, dysenterie, tentative de crime
Il fonde entre ces maux la ville de Québec
Samuel, au printemps de l’an mil six cent dix
Apprend l’assassinat du pauvre roi de France
Mais la vie continue, Marie de Médicis
Le nomme commandant de la Nouvelle-France
En décembre suivant, à Paris, c’est la noce
Car notre Samuel, la belle Hélène épouse
S’il s’unit sur le tard, ses goûts sont plus précoces
Puisqu’il a quarante ans et sa femme en a douze
Comme la douce Hélène est encore petite
Par contrat on requiert l’espace de deux ans
Avant que les conjoints ensemble cohabitent
Et Samuel prend la mer en attendant
De mil six cent quinze à l’été mil six cent seize
Il prolonge vers l'Ouest ses investigations
Comme il y a cent ans il se prend pour Cortez
Sauf qu’il n’y a pas d’or au pays des Hurons
En mai mil six cent vingt la jeune et douce Hélène
Pour la Nouvelle-France, part avec son mari
Mais dans ce monde d’ours, le miel de sa vingtaine
La retient quatre années, puis repart pour Paris
En mil six cent vingt-sept, Richelieu aux affaires
Le charge de peupler Québec de catholiques
Mais Français et Anglais sont de nouveau en guerre
Ce qui vaut à l’enceinte un blocus famélique
Au bout de quelques mois les colons morts de faim
Livrent avec regret leur village aux Anglais
Il faut attendre trois ans, pour qu’il soit enfin
Restitué au traité de Saint-Germain-en-Laye
Après quatre ans d’absence, avec deux cents personnes
À bord de trois bateaux, Samuel se dirige
Une dernière fois vers ses forêts huronnes
Dont il ne reste plus que ruines et vestiges
En un an on nettoie, on construit, on répare
Et bientôt la cité redevient comme avant
Mais parallèlement on cherche la bagarre
Avec les Iroquois vivant autour du camp
En octobre suivant Samuel est malade
Et de guérir un jour, l’espoir semble bien mince
Il décède à Noël, mais pour ses camarades
Il aurait dit : "je meurs dans ma belle province"
Tout près de La Rochelle, en plein cœur de l'Aunis
Et tandis qu'alentour la guerre faisait rage
Au temple protestant, les siens l'avaient béni
Enfant d'Antoine et de Marguerite Le Roy
Le jeune Samuel accompagne son père
Capitaine au long cours, qui en fait son bras droit
Pour qu'il soit un solide et vaillant loup de mer
Quand le bon roi Henri pour gagner son royaume
Doit vaincre les Ligueurs, Samuel à vingt ans
Et tel son souverain, il chausse armure et heaume
Pour courir se rallier à son panache blanc
Grâce à son oncle, ami de marins Ibériques
Il embarque un beau jour depuis le Portugal
Et découvre avec joie cette jeune Amérique
Encore dénommée "Indes occidentales "
Il explore la côte en longeant le Mexique
Descendant jusques à l'isthme de Panama
Et devinant, tout près, l'océan Pacifique
Il prétend qu'un canal un jour s'y creusera
En mars mil six cent trois à bord de son trois-mâts
Les cales regorgeant de peaux et de fourrures
Il vogue cette fois-ci vers le Canada
Espérant bien faire quelques "découvertures"
Là-bas, sur des canots, l'équipage s'embarque
Et remonte le fleuve sous les yeux des indiens
Jusqu'à l'endroit magique où jadis le grand Jacques
Cartier abandonna l'idée d'aller plus loin
En septembre la flotte est déjà de retour
Et après un hiver passé dans leur foyer
Au mois de mai suivant, les marins au long cours
Pour le pays lointain mènent leurs grands voiliers
En ce siècle naissant Henri IV encor, règne
Et pour lui Samuel explore et restitue
Son périple en un livre et sur des plans renseigne
Avec sa plume d'oie, les moindres criques nues
Son troisième voyage reste le plus sublime
Alors que tout semblait être voué à l'échec
Scorbut, dysenterie, tentative de crime
Il fonde entre ces maux la ville de Québec
Samuel, au printemps de l’an mil six cent dix
Apprend l’assassinat du pauvre roi de France
Mais la vie continue, Marie de Médicis
Le nomme commandant de la Nouvelle-France
En décembre suivant, à Paris, c’est la noce
Car notre Samuel, la belle Hélène épouse
S’il s’unit sur le tard, ses goûts sont plus précoces
Puisqu’il a quarante ans et sa femme en a douze
Comme la douce Hélène est encore petite
Par contrat on requiert l’espace de deux ans
Avant que les conjoints ensemble cohabitent
Et Samuel prend la mer en attendant
De mil six cent quinze à l’été mil six cent seize
Il prolonge vers l'Ouest ses investigations
Comme il y a cent ans il se prend pour Cortez
Sauf qu’il n’y a pas d’or au pays des Hurons
En mai mil six cent vingt la jeune et douce Hélène
Pour la Nouvelle-France, part avec son mari
Mais dans ce monde d’ours, le miel de sa vingtaine
La retient quatre années, puis repart pour Paris
En mil six cent vingt-sept, Richelieu aux affaires
Le charge de peupler Québec de catholiques
Mais Français et Anglais sont de nouveau en guerre
Ce qui vaut à l’enceinte un blocus famélique
Au bout de quelques mois les colons morts de faim
Livrent avec regret leur village aux Anglais
Il faut attendre trois ans, pour qu’il soit enfin
Restitué au traité de Saint-Germain-en-Laye
Après quatre ans d’absence, avec deux cents personnes
À bord de trois bateaux, Samuel se dirige
Une dernière fois vers ses forêts huronnes
Dont il ne reste plus que ruines et vestiges
En un an on nettoie, on construit, on répare
Et bientôt la cité redevient comme avant
Mais parallèlement on cherche la bagarre
Avec les Iroquois vivant autour du camp
En octobre suivant Samuel est malade
Et de guérir un jour, l’espoir semble bien mince
Il décède à Noël, mais pour ses camarades
Il aurait dit : "je meurs dans ma belle province"