Filiatus
Maître Poète
Danseur, chanteur, imitateur
Vibraphoniste, trompettiste
Acteur, batteur, mais par malheur
Un peu trop noir pour les racistes
Il lui a fallu du talent
De l'adresse et de la mesure
Pour entrer dans la cour des grands
Malgré sa taille miniature
Notre Sammy naît à Harlem
Un quartier de New-York, très gris
Un peu comme le dix-huitième
Arrondissement de Paris
Nous sommes entre les deux guerres
En vingt-cinq, très exactement
Et pour gagner sa vie, le père
Fait l'artiste, de temps en temps
Il chante, danse et cabriole
Et quand il n'est plus inspiré
Il saute, grimpe et cambriole
Quelques appartements huppés
Mais cet univers de bohème
Ne plaît pas à maman Davis
Qui quitte les rues de Harlem
Au bras d'un artiste métis
Le petit Sammy et son père
Ainsi qu'un vieux tonton "has been"
À l'instar des Trois Mousquetaires
Forment le trio "Will Mastin"
En mil neuf cent quarante-quatre
Il est enrôlé dans l'armée
Mais pas tout à fait pour se battre
Pour divertir son unité
Il dit rencontrer le racisme
Ce dont on l'avait protégé
Mais les projecteurs sont des "prismes"
Et le talent un "bouclier"
De retour à la vie civile
Il participe à des concerts
Jusqu'au jour où, dans une ville
Un imprésario le repère
Il lui grave son premier tube
Qui bouscule les audimats
Ce qui lui vaut un mètre-cube
De lettres de fans enthousiastes
Un grave accident de la route
Lui coûte à jamais son œil gauche
Les mauvaises langues, sans doute
Y voient drogue, alcool et débauche
Au cours de sa convalescence
Pour se prémunir des critiques
Sammy trouve la délivrance
Dans un baptême judaïque
Puis, de nouveau, il s'enregistre
Et là, Martin et Sinatra
Impressionnés par son registre
D'Hollywood, lui tendent les bras
Ces trois amis de grande classe
Enchaînent des films à gogo
Dont "L'Inconnu de Las Vegas"
"Les Sept Voleurs de Chicago"
Bientôt il fonde une famille
En se mariant avec May Britt
Laquelle lui donne une fille
Mais il la trompe et ils se quittent
De soixante à soixante-six
À Las Vegas, New-York, Broadway
Sinatra, Martin et Davis
Partout rencontrent le succès
Quand ses quarante-cinq sonnent
Il trouve l'élue de son cœur
Mais, bien que juif, et pour le fun
Il fait appel à un … pasteur
Mais le pasteur qui officie
Est une célèbre personne
Presque aussi connue que Sammy
Il s'appelle Jesse Jackson
De sa femme, il a quatre gosses
De quatre, cinq, six et neuf ans
Qui, en cette journée de noces
Entourent papa et maman
À partir de la cinquantaine
Sammy se fait plus pantouflard
S'il monte encore un peu sur scène
C'est pour recevoir des oscars
Il enregistre quelques disques
Pour toucher de menues recettes
Que le fisc souvent lui confisque
Tant il a de nombreuses dettes
À soixante ans, Sammy s'essaye
Aux films pour la télévision
"Alice au pays des merveilles"
Lui vaut des congratulations
Le seize mai quatre-vingt-dix
Comme son cigare assassin
S'éteint l'ami Sammy Davis
Sur le cendrier du destin
Vibraphoniste, trompettiste
Acteur, batteur, mais par malheur
Un peu trop noir pour les racistes
Il lui a fallu du talent
De l'adresse et de la mesure
Pour entrer dans la cour des grands
Malgré sa taille miniature
Notre Sammy naît à Harlem
Un quartier de New-York, très gris
Un peu comme le dix-huitième
Arrondissement de Paris
Nous sommes entre les deux guerres
En vingt-cinq, très exactement
Et pour gagner sa vie, le père
Fait l'artiste, de temps en temps
Il chante, danse et cabriole
Et quand il n'est plus inspiré
Il saute, grimpe et cambriole
Quelques appartements huppés
Mais cet univers de bohème
Ne plaît pas à maman Davis
Qui quitte les rues de Harlem
Au bras d'un artiste métis
Le petit Sammy et son père
Ainsi qu'un vieux tonton "has been"
À l'instar des Trois Mousquetaires
Forment le trio "Will Mastin"
En mil neuf cent quarante-quatre
Il est enrôlé dans l'armée
Mais pas tout à fait pour se battre
Pour divertir son unité
Il dit rencontrer le racisme
Ce dont on l'avait protégé
Mais les projecteurs sont des "prismes"
Et le talent un "bouclier"
De retour à la vie civile
Il participe à des concerts
Jusqu'au jour où, dans une ville
Un imprésario le repère
Il lui grave son premier tube
Qui bouscule les audimats
Ce qui lui vaut un mètre-cube
De lettres de fans enthousiastes
Un grave accident de la route
Lui coûte à jamais son œil gauche
Les mauvaises langues, sans doute
Y voient drogue, alcool et débauche
Au cours de sa convalescence
Pour se prémunir des critiques
Sammy trouve la délivrance
Dans un baptême judaïque
Puis, de nouveau, il s'enregistre
Et là, Martin et Sinatra
Impressionnés par son registre
D'Hollywood, lui tendent les bras
Ces trois amis de grande classe
Enchaînent des films à gogo
Dont "L'Inconnu de Las Vegas"
"Les Sept Voleurs de Chicago"
Bientôt il fonde une famille
En se mariant avec May Britt
Laquelle lui donne une fille
Mais il la trompe et ils se quittent
De soixante à soixante-six
À Las Vegas, New-York, Broadway
Sinatra, Martin et Davis
Partout rencontrent le succès
Quand ses quarante-cinq sonnent
Il trouve l'élue de son cœur
Mais, bien que juif, et pour le fun
Il fait appel à un … pasteur
Mais le pasteur qui officie
Est une célèbre personne
Presque aussi connue que Sammy
Il s'appelle Jesse Jackson
De sa femme, il a quatre gosses
De quatre, cinq, six et neuf ans
Qui, en cette journée de noces
Entourent papa et maman
À partir de la cinquantaine
Sammy se fait plus pantouflard
S'il monte encore un peu sur scène
C'est pour recevoir des oscars
Il enregistre quelques disques
Pour toucher de menues recettes
Que le fisc souvent lui confisque
Tant il a de nombreuses dettes
À soixante ans, Sammy s'essaye
Aux films pour la télévision
"Alice au pays des merveilles"
Lui vaut des congratulations
Le seize mai quatre-vingt-dix
Comme son cigare assassin
S'éteint l'ami Sammy Davis
Sur le cendrier du destin