Filiatus
Maître Poète
Salvador naît à Figueras
Tout en-haut de la Catalogne
Là-bas où la mer vous enlace
Quand un peu trop le soleil cogne
Nous sommes en mil neuf cent-quatre
Notaire est le père Dali
Sa femme est mère près de l'âtre
C'est "La Belle Époque" à Paris
Son frère, un Salvador aussi
Est mort il y a quelques mois
Et sur sa tombe il est écrit
Que Salvador Dali gît là
Très troublé le petit garçon
À quelques déductions se livre :
"Je suis sa réincarnation
Il était trop génial pour vivre"
Salvador est un doux rêveur
Il veut être Napoléon
Plus tard il admet son erreur
Disant qu'il manquait d'ambition
C'est sûr, il veut être un artiste
Foin de l'école et de ses bancs !
Pichot, un peintre impressionniste
L'impressionne par son talent
Sur les conseils de ce Pichot
Qui trouve Salvador très mûr
Le père l'envoie illico
Dans une école de peinture
À quatorze ans Dali expose
Et se fait déjà remarquer
Bien qu'en pleine période rose
On sent le bleu déjà pointer
À la fin de la Grande Guerre
Salvador prône l'anarchie
Mais au fond de lui, il vénère
Goya, Velasquez et Vinci
Parallèlement à son art
Ayant son bac avec mention
Aussi génial qu'il est vantard
Il dénigre la profession
Bien qu'à Paris le dadaïsme
Ainsi que le surréalisme
Soient tous deux à leur paroxysme
Pour lui pas de favoritisme
En Salvador, la seule école
Qui peut trouver grâce à ses yeux
C'est celle de ces idées folles
Que l'on ne prend pas au sérieux
En vingt-trois, Salvador rencontre
Garcia-Lorca et Luis Buñuel
Deux années plus tard, il se montre
Avec d'autres intellectuels
André Breton, René Magritte
Paul Éluard et Gala, sa femme
À qui il déclare de suite
Discrètement sa tendre flamme
Mais la donzelle est déjà prise
Par un amant peu scrupuleux
Il doit attendre sa promise
Jusqu'en mil neuf cent trente-deux
La seconde guerre mondiale
Fait fuir le couple réuni
Lors, à New York où il s'installe
Salvador fait parler de lui
Bientôt le musée d'Art moderne
Expose une œuvre sur sa vie
Tandis qu'un dictateur gouverne
Là-bas, dans sa mère patrie
De retour en Catalogne
Les Dali retrouvent leur nid
Mais au contraire des cigognes
Passent leurs hivers à Paris
Le maître toujours prolifique
Décuplant son brio technique
S'intéresse aux effets optiques
Et redevient bon catholique
Fin quarante-neuf, Pie XII
Sensible à sa foi retrouvée
Reçoit Dali et son épouse
À Rome, en audience privée
Dans ses peintures, la physique
Se mélange à la religion
Dont les "éléments angéliques"
Sont "les protons et les neutrons"
Semant le flou chez les critiques
Il rend difficile leur tâche
Laissant aux médias grand public
L'analyse de ses moustaches
Toujours plus imaginatif
Il peint, écrit, grave des pierres
Sculpte des volumes massifs
Son génie n'a pas de frontières
Entre Figueras et Paris
Dali mène une vie somptuaire
On prétend qu'il gagne sa vie
Mieux que mister Eisenhower
Vers mil neuf cent soixante-quatre
Dali a une idée tenace
Ériger un musée-théâtre
Dans sa ville de Figueras
Et dans ce musée à sa gloire
Salvador est à la manœuvre
Avec des artistes notoires
Il y travaille à ses chefs-d'œuvre
Dali devient incontournable
C'est un Espagnol peu chauvin
Et dans un français impeccable
Il loue le chocolat Lanvin
En avril soixante-dix-neuf
Le clou de son exposition
C'est une auto qui, flambant neuf
Avec un œuf, pend au plafond
Cette année-là, l'Académie
Française lui ouvre ses portes
Son discours est un tel fouillis
Ne sait quel message il comporte
L'an suivant une alerte sonne
Dans le corps de l'illustre maître
La maladie de Parkinson
Le fait trembler de tout son être
Le malheur ne cesse pas là
L'incendie de son domicile
La mort de sa femme Gala
Lui rendent la vie difficile
En novembre quatre-vingt-huit
Il fait un malaise cardiaque
On l'hospitalise de suite
Mais la machine se détraque
Il décède au mois de janvier
En murmurant ces derniers mots :
"Enfin l'occasion m'est donnée
De croiser mon alter ego"
Tout en-haut de la Catalogne
Là-bas où la mer vous enlace
Quand un peu trop le soleil cogne
Nous sommes en mil neuf cent-quatre
Notaire est le père Dali
Sa femme est mère près de l'âtre
C'est "La Belle Époque" à Paris
Son frère, un Salvador aussi
Est mort il y a quelques mois
Et sur sa tombe il est écrit
Que Salvador Dali gît là
Très troublé le petit garçon
À quelques déductions se livre :
"Je suis sa réincarnation
Il était trop génial pour vivre"
Salvador est un doux rêveur
Il veut être Napoléon
Plus tard il admet son erreur
Disant qu'il manquait d'ambition
C'est sûr, il veut être un artiste
Foin de l'école et de ses bancs !
Pichot, un peintre impressionniste
L'impressionne par son talent
Sur les conseils de ce Pichot
Qui trouve Salvador très mûr
Le père l'envoie illico
Dans une école de peinture
À quatorze ans Dali expose
Et se fait déjà remarquer
Bien qu'en pleine période rose
On sent le bleu déjà pointer
À la fin de la Grande Guerre
Salvador prône l'anarchie
Mais au fond de lui, il vénère
Goya, Velasquez et Vinci
Parallèlement à son art
Ayant son bac avec mention
Aussi génial qu'il est vantard
Il dénigre la profession
Bien qu'à Paris le dadaïsme
Ainsi que le surréalisme
Soient tous deux à leur paroxysme
Pour lui pas de favoritisme
En Salvador, la seule école
Qui peut trouver grâce à ses yeux
C'est celle de ces idées folles
Que l'on ne prend pas au sérieux
En vingt-trois, Salvador rencontre
Garcia-Lorca et Luis Buñuel
Deux années plus tard, il se montre
Avec d'autres intellectuels
André Breton, René Magritte
Paul Éluard et Gala, sa femme
À qui il déclare de suite
Discrètement sa tendre flamme
Mais la donzelle est déjà prise
Par un amant peu scrupuleux
Il doit attendre sa promise
Jusqu'en mil neuf cent trente-deux
La seconde guerre mondiale
Fait fuir le couple réuni
Lors, à New York où il s'installe
Salvador fait parler de lui
Bientôt le musée d'Art moderne
Expose une œuvre sur sa vie
Tandis qu'un dictateur gouverne
Là-bas, dans sa mère patrie
De retour en Catalogne
Les Dali retrouvent leur nid
Mais au contraire des cigognes
Passent leurs hivers à Paris
Le maître toujours prolifique
Décuplant son brio technique
S'intéresse aux effets optiques
Et redevient bon catholique
Fin quarante-neuf, Pie XII
Sensible à sa foi retrouvée
Reçoit Dali et son épouse
À Rome, en audience privée
Dans ses peintures, la physique
Se mélange à la religion
Dont les "éléments angéliques"
Sont "les protons et les neutrons"
Semant le flou chez les critiques
Il rend difficile leur tâche
Laissant aux médias grand public
L'analyse de ses moustaches
Toujours plus imaginatif
Il peint, écrit, grave des pierres
Sculpte des volumes massifs
Son génie n'a pas de frontières
Entre Figueras et Paris
Dali mène une vie somptuaire
On prétend qu'il gagne sa vie
Mieux que mister Eisenhower
Vers mil neuf cent soixante-quatre
Dali a une idée tenace
Ériger un musée-théâtre
Dans sa ville de Figueras
Et dans ce musée à sa gloire
Salvador est à la manœuvre
Avec des artistes notoires
Il y travaille à ses chefs-d'œuvre
Dali devient incontournable
C'est un Espagnol peu chauvin
Et dans un français impeccable
Il loue le chocolat Lanvin
En avril soixante-dix-neuf
Le clou de son exposition
C'est une auto qui, flambant neuf
Avec un œuf, pend au plafond
Cette année-là, l'Académie
Française lui ouvre ses portes
Son discours est un tel fouillis
Ne sait quel message il comporte
L'an suivant une alerte sonne
Dans le corps de l'illustre maître
La maladie de Parkinson
Le fait trembler de tout son être
Le malheur ne cesse pas là
L'incendie de son domicile
La mort de sa femme Gala
Lui rendent la vie difficile
En novembre quatre-vingt-huit
Il fait un malaise cardiaque
On l'hospitalise de suite
Mais la machine se détraque
Il décède au mois de janvier
En murmurant ces derniers mots :
"Enfin l'occasion m'est donnée
De croiser mon alter ego"
