ROBE DE DENTELLE SOUS OMBRELLE
hors concours
Rappelez-vous de ces robes festonnées de guipure,
Ondoyance de blanches crinolines de satin ou de soie,
Bustiers lacés et baleinés en jabots de fioritures
Echancrés de passementeries en broderies d’orfroi,
Dames de jadis, combien vous étiez belles
En l’éclat et la splendeur de fines dentelles,
Dans le bruissement de lilial taffetas
En la cadence de leurs douces promenades,
Nul ne pouvait résister à leurs apparats,
Transi devant cette blancheur d’Oréade.
Enveloppées de suaves candeurs immaculées
Les ingénues en prude noblesse pourvues
Laissaient percevoir leurs chausses en tussor brodées,
Elles respiraient un charme désormais déchu,
Sous l’organdi pâle et éthéré de leurs ombrelles
Ombrageant leurs teints pastel et délicats,
Usaient de leurs frêles silhouettes jouvencelles
Sanctifiant leurs attraits divins en analecta,
Oasis nivéen d’un passé à jamais révolu,
Madrigal en points Valenciennes ou d’Alençon,
Bercés de plumetis et de brocart impromptus
Rehaussant grâce féminine en leurs fleurons.
Echouées dans les brocantes, oubliées en les greniers
Les robes de dentelle blanche désormais jaunies,
Les ombrelles désuètes, flétries et dédaignées
Ensevelissent les heures fastueuses en délicates effigies.