Filiatus
Maître Poète
On connait tous sa silhouette
Aux deux mètres bien dépassée
Ses yeux vitreux, son rire bête
Et son sourire carnassier
On connaît tous sa grosse tête
Surmontant son blaser croisé
Aux ridicules épaulettes
Et son pantalon repassé
On connaît ses mains gigantesques
Prêtes à vous assassiner
On connaît tout de lui, ou presque
Seul son nom nous est étranger
Richard Viel, prononcez "Ville"
Pour les besoins de mon récit
Est un petit garçon tranquille
Né à Detroit, États-Unis
Ses parents à ce qu'on raconte
Vinrent d'Allemagne avant-guerre
Pour engendrer un mastodonte
Comme chez les Schwarzenegger
Installés à Los Angeles
Les parents voient leur rejeton
Croître à une telle vitesse
Qu'ils se croient élus du démon
À huit ans le gamin mesure
Près d'un mètre soixante-dix
Et la taille de ses chaussures
Est de quarante-cinq, ou six
Il quitte l'école primaire
Pour vivre de petits boulots
Il vend des objets funéraires
Il est videur, laveur d'autos
Jusqu'au jour où un producteur
De cinéma de "série B"
Lui fait jouer dans un film d'horreur
Le rôle d'un vieux macchabée
Ce petit rôle, somme toute
Lui met le pied à l'étrier
Sa carrière sans aucun doute
Au cinéma, est destinée
À vingt et un ans, il épouse
Faye Daniels, une beauté
[Qu'en mil neuf cent soixante-douze
Il quittera sans héritier]
À vingt-deux ans, il est gangster
Dans le film : "L'Épée enchantée"
Puis, il est un homme à tout faire
Dans une "Maison de damnés"
À vingt-quatre ans, Richard innove
Dans le film de Jerry Lewis
"Docteur Jerry et Mister Love"
Il est professeur de tennis
Richard Viel devient sans conteste
Le grand méchant des feuilletons
Genre "Les Mystères de l'Ouest"
"La Quatrième Dimension"
Dans les années soixante-dix
Il tourne dans quelques navets
Puis il éclate au Box-office
Dans le film "L'Espion qui m'aimait"
En compagnie de Roger Moore
Il tient le rôle de "Requin"
Derrière qui toujours il court
Pour l'étrangler de ses deux mains
Richard devient une vedette
Une star internationale
Il poursuit encore "Zéro Sept"
Aux ordres de Michel Lonsdale
Il jette aux orties ses couronnes
Pour jouer dans un film de guerre
"L'ouragan vient de Navarone"
Et non pas les "Dents de la mer"
Du bout du monde, on le réclame
On veut l'entendre, le toucher
Lors, avec sa nouvelle femme
Il fait une tournée d'été
Pendant les dix années suivantes
Il tourne à tort et à travers
Des productions insignifiantes
Bref, du cinoche alimentaire
En quatre-vingt-dix, c'est la tuile
Sa carrière est bien compromise
Un accident d'automobile
Au lit, six mois l'immobilise
Au prix d'un colossal effort
Sans canne ou déambulateur
Il tourne deux trois fois encore
Dans de quelconques films d'horreur
Il meurt dune crise cardiaque
À près de soixante-quinze ans
Laissant derrière lui sa claque
D'une femme et ses quatre enfants
Aux deux mètres bien dépassée
Ses yeux vitreux, son rire bête
Et son sourire carnassier
On connaît tous sa grosse tête
Surmontant son blaser croisé
Aux ridicules épaulettes
Et son pantalon repassé
On connaît ses mains gigantesques
Prêtes à vous assassiner
On connaît tout de lui, ou presque
Seul son nom nous est étranger
Richard Viel, prononcez "Ville"
Pour les besoins de mon récit
Est un petit garçon tranquille
Né à Detroit, États-Unis
Ses parents à ce qu'on raconte
Vinrent d'Allemagne avant-guerre
Pour engendrer un mastodonte
Comme chez les Schwarzenegger
Installés à Los Angeles
Les parents voient leur rejeton
Croître à une telle vitesse
Qu'ils se croient élus du démon
À huit ans le gamin mesure
Près d'un mètre soixante-dix
Et la taille de ses chaussures
Est de quarante-cinq, ou six
Il quitte l'école primaire
Pour vivre de petits boulots
Il vend des objets funéraires
Il est videur, laveur d'autos
Jusqu'au jour où un producteur
De cinéma de "série B"
Lui fait jouer dans un film d'horreur
Le rôle d'un vieux macchabée
Ce petit rôle, somme toute
Lui met le pied à l'étrier
Sa carrière sans aucun doute
Au cinéma, est destinée
À vingt et un ans, il épouse
Faye Daniels, une beauté
[Qu'en mil neuf cent soixante-douze
Il quittera sans héritier]
À vingt-deux ans, il est gangster
Dans le film : "L'Épée enchantée"
Puis, il est un homme à tout faire
Dans une "Maison de damnés"
À vingt-quatre ans, Richard innove
Dans le film de Jerry Lewis
"Docteur Jerry et Mister Love"
Il est professeur de tennis
Richard Viel devient sans conteste
Le grand méchant des feuilletons
Genre "Les Mystères de l'Ouest"
"La Quatrième Dimension"
Dans les années soixante-dix
Il tourne dans quelques navets
Puis il éclate au Box-office
Dans le film "L'Espion qui m'aimait"
En compagnie de Roger Moore
Il tient le rôle de "Requin"
Derrière qui toujours il court
Pour l'étrangler de ses deux mains
Richard devient une vedette
Une star internationale
Il poursuit encore "Zéro Sept"
Aux ordres de Michel Lonsdale
Il jette aux orties ses couronnes
Pour jouer dans un film de guerre
"L'ouragan vient de Navarone"
Et non pas les "Dents de la mer"
Du bout du monde, on le réclame
On veut l'entendre, le toucher
Lors, avec sa nouvelle femme
Il fait une tournée d'été
Pendant les dix années suivantes
Il tourne à tort et à travers
Des productions insignifiantes
Bref, du cinoche alimentaire
En quatre-vingt-dix, c'est la tuile
Sa carrière est bien compromise
Un accident d'automobile
Au lit, six mois l'immobilise
Au prix d'un colossal effort
Sans canne ou déambulateur
Il tourne deux trois fois encore
Dans de quelconques films d'horreur
Il meurt dune crise cardiaque
À près de soixante-quinze ans
Laissant derrière lui sa claque
D'une femme et ses quatre enfants