Atiti
Nouveau poète
Regardez-moi Je suis un pauvre paysan déguenillé, en sifflant. Je marche les mains dans les poches mais. Personne ne me regarde, personne ne me salue, et personne ne m’estime. Oui, je suis un pauvre paysan déguenillé. Mais, au fond de mon cœur je suis riche, la nature est mon royaume: les champs, les bois, les montagnes, les eaux et les animaux, je connais chaque arbre, chaque plante, chaque fruit, chaque coup de vent, tous les mystères de notre mère, la terre. En me promenant dans les champs les fleurs me saluent en inclinant majestueusement leurs têtes, les oiseaux entonnent leurs chants les plus mélodieux orchestrés par une douce brise, les arbustes endimanchés pavoisent leurs branches de satin doré serti d’émeraudes, les animaux se prosternent dans des révérences obséquieuses. Je suis le roi de la mère, la terre, ma fiancée qui me chérit, me berce, m’aime, m’embrasse, m’enveloppe de ses caresses voluptueuses; nous sommes unis dans un profond amour, nous enfantons les germinations des futures récoltes. Moi, je suis l’homme avec le cœur le plus riche dans mon pauvre accoutrement de paysan déguenillé. Le poème La richesse de la pauvreté.