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Rétif de La Bretonne revisité (1734-1806)

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Filiatus
  • Date de début Date de début

Filiatus

Maître Poète
Son nom n'a rien de "gaélique"
Bien qu'on y ouït le mot "breton"
Et "Rétif" n'a rien d'allergique
D'ailleurs ce n'est pas son prénom

"La Bretonne" n'est qu'une terre
Que le vieux Restif acheta
Dans l'Yonne, du côté d'Auxerre
Pour son fils aîné Nicolas

Celui-ci naît dans le village
De Sacy, qui jouxte la ville
De Joux-la-ville, entre cépages
Et Cure à la pente tranquille

De l'an mil sept cent trente-quatre
À mil sept cent quarante-deux
Le jeune Nicolas folâtre
Dans la métairie à ses jeux

Quand le père achète un domaine
À La Bretonne, emprès Sacy
Ses douze mioches, il emmène
Et sa deuxième femme aussi

Puis durant son adolescence
Il est placé chez des amis
À Vermenton, à Joux, à Sens
Et même quelques mois à Paris

À quatorze ans son demi-frère
Qui est le curé de Courgis
Le chasse de son presbytère
Pour avoir séduit une amie

Il rentre à Sacy chez son père
Qui presque aussitôt l'expédie
Chez une relation d'Auxerre
Apprendre la typographie

À peine arrivé chez le type
Il tombe amoureux de sa femme
Nicolas n'a pas de principe
Il vit sans aucun état d'âme

Il devient bientôt typographe
Et puis compagnon-imprimeur
Embauché par Théobald Taaffe
Le "ministre de l'Intérieur"

Pendant une année, il pourchasse
Les imprimeries clandestines
Finalement, de guerre lasse
Il retourne dans ses gâtines

En avril mil sept cent soixante
Nicolas s'unit à Agnès
Une gamine si charmante
Qu'en quatre ans quatre filles naissent

Nicolas qui a la bougeotte
À Paris se cherche un boulot
Et c'est en qualité de "prote"
Qu'il est embauché chez Quillau

Doué d'une imagination vive
Et du sens de l'observation
Il sent qu'il faut qu'il écrive
Et remplit ses premiers brouillons

Au bout de deux années studieuses
Il publie une œuvre majeure
Nommée "La Famille vertueuse"
Dont il n'est que le traducteur

Fort de cette prime expérience
Nicolas quitte son emploi
Et pour le roi se fait balance
Pour assurer ses fins de mois

Sa femme peu-à-peu le quitte
Et le laisse seul à Paris
Il y écrit deux livres, vite
Dont "Le Paysan perverti"

Sa nature encore amoureuse
Le conduit à aimer Sara
Une fille de sa logeuse
Qu'en quelques vers il attira

Il est déjà quadragénaire
Quand il écrit avec génie
Son livre "La Vie de mon père"
Qui le fait connaître à Paris

Pour être admis dans le pays
Il écrit "Les Contemporaines"
"La Paysanne pervertie"
Et pour finir "Les Parisiennes"

Quand la Révolution éclate
On emprisonne Nicolas
Car on le croit aristocrate
Et de plus espion pour le roi

Faute de preuve, on le relâche
On n'entend plus parler de lui
Seul, il se remet à la tâche
Dans sa petite imprimerie

Et pour, aux sans-culottes, plaire
Il a dû raccourcir son nom
Publier des livres austères
Et se soumettre à la Nation

En mil sept cent quatre-vingt-treize
Il s'est tellement pris au jeu
Qu'il hurle à la mort de Louis XVI
Si fort qu'on le raisonne un peu

La Convention, en récompense
De ses bons et loyaux services
Comme au bon temps du roi de France
Lui trouve un job dans la police

Après la mort de Robespierre
Nicolas devient royaliste
Puis, après le 18 brumaire
C'est un fervent Bonapartiste

Le Consulat qui n'est pas riche
Dégraisse l'Administration
Il doit abandonner ses fiches
Et retourner à ses crayons

Alors il publie "Les Posthumes"
Mais le succès n'arrive pas
Chez lui il fait froid, il s'enrhume
Il requiert l'aide de l'État

On lui adresse quelques miettes
De francs en guise de secours
Après trois années de requête
Puisqu'il meurt au bout de huit jours
 

Pièces jointes

  • Rétif.jpg
    Rétif.jpg
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Son nom n'a rien de "gaélique"
Bien qu'on y ouït le mot "breton"
Et "Rétif" n'a rien d'allergique
D'ailleurs ce n'est pas son prénom


"La Bretonne" n'est qu'une terre
Que le vieux Restif acheta
Dans l'Yonne, du côté d'Auxerre
Pour son fils aîné Nicolas


Celui-ci naît dans le village
De Sacy, qui jouxte la ville
De Joux-la-ville, entre cépages
Et Cure à la pente tranquille


De l'an mil sept cent trente-quatre
À mil sept cent quarante-deux
Le jeune Nicolas folâtre
Dans la métairie à ses jeux


Quand le père achète un domaine
À La Bretonne, emprès Sacy
Ses douze mioches, il emmène
Et sa deuxième femme aussi


Puis durant son adolescence
Il est placé chez des amis
À Vermenton, à Joux, à Sens
Et même quelques mois à Paris


À quatorze ans son demi-frère
Qui est le curé de Courgis
Le chasse de son presbytère
Pour avoir séduit une amie


Il rentre à Sacy chez son père
Qui presque aussitôt l'expédie
Chez une relation d'Auxerre
Apprendre la typographie


À peine arrivé chez le type
Il tombe amoureux de sa femme
Nicolas n'a pas de principe
Il vit sans aucun état d'âme


Il devient bientôt typographe
Et puis compagnon-imprimeur
Embauché par Théobald Taaffe
Le "ministre de l'Intérieur"


Pendant une année, il pourchasse
Les imprimeries clandestines
Finalement, de guerre lasse
Il retourne dans ses gâtines


En avril mil sept cent soixante
Nicolas s'unit à Agnès
Une gamine si charmante
Qu'en quatre ans quatre filles naissent


Nicolas qui a la bougeotte
À Paris se cherche un boulot
Et c'est en qualité de "prote"
Qu'il est embauché chez Quillau


Doué d'une imagination vive
Et du sens de l'observation
Il sent qu'il faut qu'il écrive
Et remplit ses premiers brouillons


Au bout de deux années studieuses
Il publie une œuvre majeure
Nommée "La Famille vertueuse"
Dont il n'est que le traducteur


Fort de cette prime expérience
Nicolas quitte son emploi
Et pour le roi se fait balance
Pour assurer ses fins de mois


Sa femme peu-à-peu le quitte
Et le laisse seul à Paris
Il y écrit deux livres, vite
Dont "Le Paysan perverti"


Sa nature encore amoureuse
Le conduit à aimer Sara
Une fille de sa logeuse
Qu'en quelques vers il attira


Il est déjà quadragénaire
Quand il écrit avec génie
Son livre "La Vie de mon père"
Qui le fait connaître à Paris


Pour être admis dans le pays
Il écrit "Les Contemporaines"
"La Paysanne pervertie"
Et pour finir "Les Parisiennes"


Quand la Révolution éclate
On emprisonne Nicolas
Car on le croit aristocrate
Et de plus espion pour le roi


Faute de preuve, on le relâche
On n'entend plus parler de lui
Seul, il se remet à la tâche
Dans sa petite imprimerie


Et pour, aux sans-culottes, plaire
Il a dû raccourcir son nom
Publier des livres austères
Et se soumettre à la Nation


En mil sept cent quatre-vingt-treize
Il s'est tellement pris au jeu
Qu'il hurle à la mort de Louis XVI
Si fort qu'on le raisonne un peu


La Convention, en récompense
De ses bons et loyaux services
Comme au bon temps du roi de France
Lui trouve un job dans la police


Après la mort de Robespierre
Nicolas devient royaliste
Puis, après le 18 brumaire
C'est un fervent Bonapartiste


Le Consulat qui n'est pas riche
Dégraisse l'Administration
Il doit abandonner ses fiches
Et retourner à ses crayons


Alors il publie "Les Posthumes"
Mais le succès n'arrive pas
Chez lui il fait froid, il s'enrhume
Il requiert l'aide de l'État


On lui adresse quelques miettes
De francs en guise de secours
Après trois années de requête
Puisqu'il meurt au bout de huit jours
Jamais entendu parler mais c'est avec plaisir que je vous ai lu.
Merci Filiatus
Gaby
 
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