jackharris
Nouveau poète
Que réserve l’avenir ?
Dix huit ans ont passé et je reprends la plume
Car mon coeur plus qu’avant ressent de l’amertume,
Je voudrais m’échapper d’un monde en déchéance
Mais des chaînes pesantes entravent ma vaillance,
Me voilà donc contraint de porter le carcan
Alors que je suis loin d’être un sale ruffian.
Tout en moi espérait dans un monde meilleur,
Qu’un semblant de sagesse éteindrait la fureur
Agitant les humains aveuglés de pouvoir
Qui n’auraient plus qu’un but : assurer leur devoir.
Hélas !... l’Argent maudit brise les consciences
On va de mal en pis dans les expériences
Car les démocraties accusent les symptômes
De n’être plus bientôt que spectres et fantômes.
Le nouveau millénaire a empiré les choses
Quand les situations étaient déjà moroses,
L’arrogance éhontée de tel premier ministre
Qui parle avec dédain d’un sourire sinistre
En ayant oublié qu’il n’est qu’un simple élu
Et qu’il viendra un temps où il sera déchu,
Voilà une raison qui me semble assez claire
Et justifie le droit que je ne puis me taire,
Il est de mon devoir devant l’ignominie
De crier au scandale ainsi qu’à l’infamie
Car ainsi parader avec la tête haute
Snobant tout un chacun est déjà une faute
De se tenir ainsi pour un Premier Ministre,
Mais il est pire encore que dévoile ce cuistre
Diviser la nation en parties inégales
Les fortunés et ceux qui leur nouent les sandales
Je dénonce un esprit de discrimination
Qui, volontairement, insulte la nation.
Tel un sombre crétin qui incite à la haine
Il taxe son propos d’une calembredaine
Quand en réalité, semblable au négrier
Il montre son mépris pour le monde ouvrier.
Parler France d’en haut, et puis France d’en bas
Qui donc en vérité est descendu si bas
Au point de renier chacun des électeurs
Qui furent assez fous pour croire en des valeurs.
Moi qui, avec honneur, ai su servir la France,
A la voir aujourd’hui en pleine déchéance
Vampirisée par ceux chargés de la défendre,
Bradée par des crapules avides d’entreprendre
De désorganiser entière notre nation
En répandant leur fiel comme un vilain poison
Oui, ceci me fait mal et me brise le coeur
Car j’appartiens aux rangs de ceux pour qui l’honneur
N’est pas un simple mot que l’on peut galvauder
Car il possède un prix qu’il convient de gagner.
Vous les politiciens, les grands chefs d’entreprise
Sur des millions de gens vous avez la main mise
Voilà qui vous fait jouir constatant leur souffrance
Vous qui, par leur malheur, tirez votre abondance.
Je suis pauvre, c’est vrai, du moins je suis honnête,
Contrairement à vous, pareil au proxénète
Qui tire sa fortune sur le fruit du travail
De pauvres gens traités pareil à du bétail.
Ma richesse est l’amour quand la vôtre est l’Argent,
Si mon trésor sent bon le vôtre est pestilent,
Pour acquérir mon bien je n’ai lésé personne,
Je ne l’ai point volé au voisin, à la bonne,
Car je sais respecter quiconque me respecte
Autant que révéler de manière directe
Tous ceux qui voient en nous le fruit de sous-produits
Qui, fiers de leur grandeur, sont en fait plus petits
Et présentent à mes yeux pas la moindre valeur
Car ils possèdent un roc à la place d’un coeur.
Oui, la démocratie a bien piètre visage
La mondialisation a rongé son visage
L’humanité s’enfonce en un marais puant,
Qui va la submerger. Ce cloaque gluant
Nous devons l’éviter pour le salut du monde
Pour le bien-être même à notre mappemonde,
Nous devons enrayer la folle contagion
De despotes avides à guider les nations.
Profitons de l’instant qu’il reste un peu de force
Pour que, dans l’unité, nous entamions l’amorce
D’un retour au respect, aux lois de l’équité,
Et que l’égard d’autrui soit enfin observé.
Les hommes qui gouvernent à travers la planète
Devraient être des sages et ne garder en tête
Que le bien de chacun, sans distinction aucune,
Ainsi chacun pourrait jouir d’une fortune.
Je doute cependant, connaissant l’être humain,
Qu’il n’est pas, ici-bas, serait-ce un souverain
Acceptant de troquer son palais de cocagne
Pour suivre de plein gré le pauvre en sa campagne.
Quand à rêver de voir quelques révolutions
Cela ne changerait rien aux institutions
Tant que sera présent le divin dieu Argent
La société ira vers son effondrement.
Les loups restent des loups ainsi que les barbares
Dépeçant les moutons que rien ne désempare,
Ils se laissent saigner en raison du plus fort
Apathiques qu’ils sont en attendant la mort.
Voilà l’esprit humain dans toute son emphase
Qu’il soit loup ou mouton, car les deux sont en phase
Dès lors que l’un commande en usant d’un ton ferme
L’autre lui obéit car la crainte l’enferme
En un lieu invisible où règne la terreur
Par manque de courage à dominer sa peur.
Nommer démocratie le système actuel
Convient mieux à répondre à un vieux rituel
Les droits des citoyens se réduisent en fumée
Et quant à ceux de l’Homme au fond de la mêlée
Ils ne serviront plus dans les ans à venir
Qu’à rappeler un temps qu’on a laissé périr.
Parfois un historien soulèvera le voile
En regardant, naïf, scintiller une étoile,
Pour trouver la réponse à l’étrange question :
"Pourquoi l’homme a créé la mondialisation ?"
Extrait des "Poèmes maudits" - 2005