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Que ponds-je, d'où ponds-je ?

THEOREM1

Nouveau poète
Que ponds-je, d'où ponds-je ?

Pendant les vacances, il m'arrive
Pour éviter de gêner ma famille,
D’aller pondre mes textes,
En un petit lieu réduit.
Je me hâte, de bon matin,
En pyjama vert, accompagné
De mes idées, de ma p(e)tite serviette bleue,
A pas de loup, à tâtons
En direction du lieu d'aisance
Où j'occupe toute la place,
Où je me sens bien dans un air
A la senteur de lavande,
De rose, de muguet ou de pin.
Pour mon stylo et mes idées
S'y trouvent des kilomètres
De feuilles colorées ; des rouleaux
Qui m'épuisent bien avant eux.

Je vous vois bien venir bande
De faux culs : « On comprend pourquoi,
Il n'écrit que de la merde ! »
Et aussi vous, les supers lèche-culs :
« Ses lignes, c'est pas du pipi
De chat », dommage que je ne
Sois pas de sexe féminin.
J'aurais pu vous dire : « Sans accord,
Vous faîtes une faute de français,
Mais avec c'est une faute de goût »
Hé toc ! Pour vous en boucher un coin,
Un petit coin, bien entendu.

Assis sur « ma » lunette, au calme,
Au petit jour, je vois le monde
D'un autre oeil : distant et frais.
Je trouve souvent que ça sent
Bien meilleur dans « mon » cabinet,
Vu l'air malsain du monde extérieur.
Quand il m'arrive de déraper
De ma ligne, je l'évacue,
Pas de trace ni vu ni connu,
Personne n'en saura jamais rien,
Et je ne risque pas de boucher
La canalisation : l'idéal !

« Vous jetez peu, bien trop peu ! »
Sera la réaction des fâcheux.
Mais si vous pensez que mon oeil
S'y trouve, vous l'avez dans ... dans l'Os !
Bande de dégoûtants, vous vous mettez
Très profondément le doigt dans l'Oeil.

Ma pensée, passe muraille, vagabonde,
S'évade bien loin de là et mes idées courent
Après, je transpire, ça m'épuise,
Je m'éponge la face avec ma serviette bleue :
Serviette éponge, bien sûr, mais que ponds-je ?
Quelque fois ça vient tout seul,
Sans colique ni constipation,
Sans crispation, je rentre avec
Une vague idée et ressort un texte
Ficelé de mots qui tournent ronds :
Tout se suit, s'enchaîne, s'imbrique.
Puis, je laisse reposer ce ferment,
Le filtre, le rature, l'enrichi ;
Car il faut toujours prendre du recul.

Je le dis tout net et me répète :
C'est un vrai lieu d'aisance !
Un oasis d'inspiration,
Avec un point d'eau ; Les « chiatiques »
M'en voudront d'ainsi promouvoir
Le lieu qu'ils affectionnent et
Les malveillants peuvent clamer
Que mes textes sont à vomir,
Ils n'ont qu'à bien se pencher sur
La cuvette, elle est là pour ça !
Enfin, si je n'y suis pas posé.
Si cela vous chante, si vous
Voulez goûter mon havre de paix
Pour vous mettre à la plume, au stylo,
Je préfère vous mettre au parfum :
Evitez la plume, l'encre s'étale,
Avec du papier de qualité,
Sans motif qui embrouillent l'écriture

Si je vous disais que j'y écris
De beaux textes, vous rétorqueriez,
Espèce de malpolis que je pète
Plus haut que mon cul ! Pourtant ne dîtes-
Vous pas, vous aussi, que les plus
Belles fleurs poussent sur des tas de fumier.
Alors pourquoi pas dans les W.C.
Qui pour moi fleurent si bon.
Mais, peut-être me manque-t-il le don,
La chance, en quelque sorte le coup de cul ?
Hé là, peut-être avez-vous raison !
Je suis lucide, ça m'étonnerait
Qu'on me propose de quitter mon trône
Pour occuper un siège à l'Académie (1).

Je vous offre ici une belle fleur
En soignant ainsi, si peu mon image :
Tant pis ! : « Ah le poète, pouet ! pouet !
Il écrit de vers à chier »
Et, je plaiderais coupable.
Mais au petit coin, y'en a bien
Qui y passent des plombes à lire
Le journal ou même des bouquins
De cul, voire s'adonnent au plaisir
Solitaire et ça me dérange !
Quand j'ai une envie pressante
Un besoin urgent d'Ecrire !
Ou pour la grosse commission.
Là, je comprends rétroactivement
Que je suis aussi un emmerdeur.

Si vous me critiquez davantage,
Je vous dirais que j'en ai vu
Y faire l'amour et même plusieurs fois :
- Et comment il a vu ça le monsieur ?
En fait, je l'ai surtout entendu aux
Bruits qui ne ressemblaient pas à ceux
De chasse d'eau. Mais, vu aussi,
A quelques reprises quand des amants
Trop pressés, trop excités ou
Par jeu ne fermaient pas le loquet
De la porte, à chacun son truc !
Ses lubies, ses petites folies !
Si vous insistez encore
Et persistez à me tanner,
Un jour de mauvaise inspiration,
Je gueulerais à votre intention :
- Aux chiottes, les emmerdeurs … ! (2)
Enfin, si je ne les occupe pas déjà.



(1) Siéger au moins une fois au Grosse Tête serait déjà un très grand honneur pour moi parti de rien pour n’arriver à pas grand chose. Enfin cela vaut toujours un peu mieux que de ne partir de pas grand chose pour n’arriver à rien.

(2) Expression empruntée et adaptée à partir du célèbre « Aux chiottes l'arbitre » : slogan stupide dans certains « sportifs » et « supporters » chauvins. Les arbitres sont pourtant bien utiles au sport comme dans la vie.

oOooOoo

C’est aux toilettes que j’ai composé mes meilleures chansons.
Paul McCartney


Un peu d'encre pâle vaut mieux qu'une brillante mémoire.
Proverbe chinois​

La fantaisie est un perpétuel printemps.
Proverbe allemand (ah bon !)​

La vie est courte pour être prise au sérieux.
Bernard Shaw




Texte déposé
 
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