Somnambule
Nouveau poète
Quand tu pars.
Tant de choses s'en vont avec toi, quand tu pars.
Rire est devenu rare et sourire est un art.
Il me semble manquer de temps, toute ma vie
S'efface devant moi. Non, plus rien n'est écrit;
Toute l'intrigue que j'avais imaginée
Est aujourd'hui comme un fantôme condamné
Subissant une chute vers de sombres lieux,
S'agrippant de ses fortes griffes à mes yeux.
Et mes yeux pleurent, comme s'ils n'étaient plus deux.
Parfois je crains de voir en face l'avenir :
En n'ayant plus tes doux bras pour me soutenir,
Un faux-pas pourrait me mener tout droit au gouffre.
Resterai-je debout si, loin de toi, je souffre ?
Cœur, tu n'es plus que ça : un bout de viande à vendre,
Orphelin depuis peu de tout ce qui est tendre.
L'ire remonte en toi contre cet abandon,
Empêchant la naissance des fleurs du pardon.
Retenez-moi ! je vais tout détruire en ce monde
Et rejeter aux anges leur amour immonde !
J'invente contre toute raison, des chimères :
Allongé, j'imagine ton corps grand ouvert.
Lisant en braille la peau d'un homme bavant,
Outrageux, éloquent de laideur et suant,
Une main que j'aime se fourvoie. Mes entrailles
S'étalent hors de moi. Sonnez mes funérailles,
Il se peut que demain je largue les amarres
En voyant ce qui reste de moi, quand tu pars.
17.01.09
Dernière édition: