Gregoire
Nouveau poète
Il pleut. Il fait noir. Pas un bruit. Je suis seul.
Que je voudrais mourir! Mais non, j'agonise.
Dans cette cellule vide, froide, grise,
j'appelle, je crie, je frappe, je gueule.
Mais personne n'entend cette bête infâme
que je suis. C'est perdu. Il faut que j'attende.
- Je rêve là d'une corde qui se tende
et d'un coup m'énuque. Et libère mon âme. -
Ah, j'entend un cri: un chanceux qui est mort.
Tout le monde applaudit l'instant de bonheur.
Les plus forts se rendorment, les faibles pleurent.
Nous ne pouvons que subir notre sort.
Un éclair. Le tonnerre. C'est ça, chez nous
On n'entend que le chant cru du désespoir
qui colore nos vies de rouge et de noir.
Seuls en réchappent ceux qui deviennent fous.
"Donnez-moi un scalpel que je m'ouvre les veines!
Que sur la vie, enfin, j'ai ma propre revanche,
car c'est elle qui nous tient tous en pénitence!
Je te vénère, Ô Mort! Libère moi, ma Reine!"
Il n'en est rien. Même la mort ne s'émeut.
Je suis seul. Encore seul. Seul. Et en vie.
Je souffre le sort que personne n'envie:
Attendre. Ou bien agoniser. Comme on veut.
- Certains disent que la prison, c'est la fin.
Ils se trompent. La prison c'est l'assurance
de survivre longtemps. Sans but, sans errance.
On meurt de vieillesse. Ou on crève de faim.
Que je voudrais mourir! Mais non, j'agonise.
Dans cette cellule vide, froide, grise,
j'appelle, je crie, je frappe, je gueule.
Mais personne n'entend cette bête infâme
que je suis. C'est perdu. Il faut que j'attende.
- Je rêve là d'une corde qui se tende
et d'un coup m'énuque. Et libère mon âme. -
Ah, j'entend un cri: un chanceux qui est mort.
Tout le monde applaudit l'instant de bonheur.
Les plus forts se rendorment, les faibles pleurent.
Nous ne pouvons que subir notre sort.
Un éclair. Le tonnerre. C'est ça, chez nous
On n'entend que le chant cru du désespoir
qui colore nos vies de rouge et de noir.
Seuls en réchappent ceux qui deviennent fous.
"Donnez-moi un scalpel que je m'ouvre les veines!
Que sur la vie, enfin, j'ai ma propre revanche,
car c'est elle qui nous tient tous en pénitence!
Je te vénère, Ô Mort! Libère moi, ma Reine!"
Il n'en est rien. Même la mort ne s'émeut.
Je suis seul. Encore seul. Seul. Et en vie.
Je souffre le sort que personne n'envie:
Attendre. Ou bien agoniser. Comme on veut.
- Certains disent que la prison, c'est la fin.
Ils se trompent. La prison c'est l'assurance
de survivre longtemps. Sans but, sans errance.
On meurt de vieillesse. Ou on crève de faim.