Eléâzar
Maître Poète
Sur ma peau coule l’eau de tes nuits en sursaut,
Troublées de cauchemars, peuplées de personnages,
Silhouettes sans âge, aux terribles visages
Qui se penchent, falots, au-dessus du berceau.
N’aie pas peur, mon enfant, je suis là, près de toi.
Que peut-il t’arriver dans les bras de papa ?
Agrippé à mon cou, tu transmets ton émoi,
Ton tout petit de toi se blottit contre moi.
Maman vient doucement, te couvre de baisers
Et tu lui tends les bras pour te réfugier
Au nid de tendresse et de sensualité
Que tu sais savourer, gourmand de volupté.
Tu lui mendies le sein à l’heure du goûter ;
Fourbu, repu, tu dors, avant d’avoir tout bu
Le nectar de la noce, festin du marié
Dont tu t’es rassasié jusqu’à n’en pouvoir plus.
Sur le dos, tu gigotes, tu suis du regard
Le visage penché et les bras qui te changent
Avec délicatesse en prenant plein d’égards
A l’endroit du bébé qu’on appelle « mon ange ».
Rondelet, potelé, grassouillet jusqu’aux pieds,
Tu t’offres en nudité sans arrière-pensées.
Le talc est saupoudré apaisant les douleurs
Des rougeurs de chaleur causées par les sueurs.
Un filet de salive coule aux commissures
Des lèvres ouvertes sur la langue agitée.
Ton sourire angevin accompagne un murmure
Quand tu reçois la lange fraîche et repassée.
Tu regagnes le lit de ta prime demeure ;
Tu useras les draps pendant de longues heures
Avant de découvrir les mondes extérieurs,
Apprivoisant les peurs et la fleur de ton cœur.
Passent les jours, le Temps, les progrès fulgurants,
Les premières dents, le maniement du « nan » !
Tu sais dire un peu oui, merci, papa, maman …
Ta maison se construit lentement, gentiment…
Très égoïstement, on te souhaite immobile ;
On n’ose imaginer l’ado qui couve en toi,
Peut-être encore moins le futur imbécile
Qui thésaurisera le fameux argent-roi.
Fais-toi magicien, poète, saltimbanque,
Résiste au métier de bandit dans la banque.
Les prêcheurs de bonheur sont de fieffés menteurs
En agitant le leurre à l’orée de nos cœurs.
Troublées de cauchemars, peuplées de personnages,
Silhouettes sans âge, aux terribles visages
Qui se penchent, falots, au-dessus du berceau.
N’aie pas peur, mon enfant, je suis là, près de toi.
Que peut-il t’arriver dans les bras de papa ?
Agrippé à mon cou, tu transmets ton émoi,
Ton tout petit de toi se blottit contre moi.
Maman vient doucement, te couvre de baisers
Et tu lui tends les bras pour te réfugier
Au nid de tendresse et de sensualité
Que tu sais savourer, gourmand de volupté.
Tu lui mendies le sein à l’heure du goûter ;
Fourbu, repu, tu dors, avant d’avoir tout bu
Le nectar de la noce, festin du marié
Dont tu t’es rassasié jusqu’à n’en pouvoir plus.
Sur le dos, tu gigotes, tu suis du regard
Le visage penché et les bras qui te changent
Avec délicatesse en prenant plein d’égards
A l’endroit du bébé qu’on appelle « mon ange ».
Rondelet, potelé, grassouillet jusqu’aux pieds,
Tu t’offres en nudité sans arrière-pensées.
Le talc est saupoudré apaisant les douleurs
Des rougeurs de chaleur causées par les sueurs.
Un filet de salive coule aux commissures
Des lèvres ouvertes sur la langue agitée.
Ton sourire angevin accompagne un murmure
Quand tu reçois la lange fraîche et repassée.
Tu regagnes le lit de ta prime demeure ;
Tu useras les draps pendant de longues heures
Avant de découvrir les mondes extérieurs,
Apprivoisant les peurs et la fleur de ton cœur.
Passent les jours, le Temps, les progrès fulgurants,
Les premières dents, le maniement du « nan » !
Tu sais dire un peu oui, merci, papa, maman …
Ta maison se construit lentement, gentiment…
Très égoïstement, on te souhaite immobile ;
On n’ose imaginer l’ado qui couve en toi,
Peut-être encore moins le futur imbécile
Qui thésaurisera le fameux argent-roi.
Fais-toi magicien, poète, saltimbanque,
Résiste au métier de bandit dans la banque.
Les prêcheurs de bonheur sont de fieffés menteurs
En agitant le leurre à l’orée de nos cœurs.