Eléâzar
Maître Poète
Pourquoi chercher ce qui n’est pas,
Qui n’a pas la moindre existence,
Qui ne sait pas ce qu’est le pas
Assurant longueur et distance ?
Pourquoi chercher s’il est minuit
A la montre du crépuscule
Quand pèsent l’angoisse et l’ennui
Dans la bascule minuscule ?
Pourquoi chercher un ciel d’été
Obstrué par la pluie, la neige
Provisoirement endetté
Auprès d’un fjord froid de Norvège ?
Pourquoi chercher la Sainteté
Dans un improbable nuage
Quand le bonheur d’un sein tété
Rend l’âme vertueuse et sage ?
Il a cherché, il a cherché
Et jusqu’à la cime de l’arbre
Où il resta longtemps perché
Près d’un corbeau resté de marbre.
Il a cherché dans un regard,
Un geste, un sourire, une œillade,
L’égale parcelle d’égard
Offerte à l’illustre pléiade.
Il a cherché la Vérité
Dans la musique et dans le Livre
Et il aura bien mérité
De conserver ce qui délivre.
Il a cherché sans trop trouver
Où était née la source vive
Qui n’a d’autre chose à prouver
Qu’elle fut créée pour qu’il vive.
Rien n’est à chercher, tout est là :
Le jardin, la table et la chambre
Où sur le lit un matelas
Dort avec lui jusqu’en décembre.
Qui n’a pas la moindre existence,
Qui ne sait pas ce qu’est le pas
Assurant longueur et distance ?
Pourquoi chercher s’il est minuit
A la montre du crépuscule
Quand pèsent l’angoisse et l’ennui
Dans la bascule minuscule ?
Pourquoi chercher un ciel d’été
Obstrué par la pluie, la neige
Provisoirement endetté
Auprès d’un fjord froid de Norvège ?
Pourquoi chercher la Sainteté
Dans un improbable nuage
Quand le bonheur d’un sein tété
Rend l’âme vertueuse et sage ?
Il a cherché, il a cherché
Et jusqu’à la cime de l’arbre
Où il resta longtemps perché
Près d’un corbeau resté de marbre.
Il a cherché dans un regard,
Un geste, un sourire, une œillade,
L’égale parcelle d’égard
Offerte à l’illustre pléiade.
Il a cherché la Vérité
Dans la musique et dans le Livre
Et il aura bien mérité
De conserver ce qui délivre.
Il a cherché sans trop trouver
Où était née la source vive
Qui n’a d’autre chose à prouver
Qu’elle fut créée pour qu’il vive.
Rien n’est à chercher, tout est là :
Le jardin, la table et la chambre
Où sur le lit un matelas
Dort avec lui jusqu’en décembre.