• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Pour un ami

Eléâzar

Maître Poète
Que de fois, près d'Oxford, en ce vallon charmant,
Ou l'on voit fuir sans fin des collines boisées
Des bruyères couper des plaines arrosées,
La rivière qui passe et le vivier dormant,

Pauvre étranger d'hier, venu pour un moment,
J'ai reconnu, parmi les maisons ardoisées,
Le riant presbytère et ses vertes croisées,
Et j'ai dit en mon coeur : Vivre ici seulement !

Hélas ! si c'est là tout, qu'est-ce donc qui m'entraîne ?
Pourquoi si loin courir ? pourquoi pas la Touraine ;
Le pays de Rouen et ses pommiers fleuris ?

Un chaume du Jura, sous un large feuillage,
Ou, bien encor plus près, quelque petit village,
D'où, par-delà Meudon, l'on ne voit plus Paris ?

Charles SAINTE-BEUVE
1 804 - 1 869
 
Retour
Haut