Anatolia, Une nuit, il y a cinq ans, J’étais à l’hôpital avec ta maman, Dieu, nos prières et toi à venir mon enfant Pour un événement aussi attendu parce qu’important, Je n’avais pas grande chose : mon chapelet et quelques pièces de francs; Comme cérémonie, j’avais improvisé pour toi un doux et interminable chant Que j’ai oublié lorsque, sur un pilier mal assis, j’entendis ton cri beau et tranchant ; Un autre chérubin était aussi là, mais personne ne l’attendait même pas sa solitaire maman. Une nuit, il y a cinq ans, J’étais fou et courrais partout dire aux amis et aux parents, Que tu es, et que, je suis un peu comme Dieu lorsqu’il créa le monde vivant ; L’aube annonça le soleil et moi, tes espoirs dans l’arbre de mes engagements; Tes doigts si frêles et glacés dans ma paume attisaient ma joie de tenir les merveilles de mon sang; Je renaissais ainsi de la douleur consacrée qu’a couvée neuf lunes durant ta petite maman; La terre rouge des avrils chauds nous a portés et le ciel bleu nous a offert à jamais le néant; Cette nuit, après cinq ans, L’écriture m’appelle au chevet de ton lit pour écouter la vie grandir dans ton sommeil rampant; J’aurais aimé te dire tout ce que vaut pour un père l’avenir de son premier et bien-aimé enfant; Mais l’écriture m’appelle et me dit de te t’écouter en silence et laisser venir les jours et les ans, Cette nuit sans même y penser en me taisant; Cette nuit de tes cinq ans Me voilà encore heureux papa depuis le dernier jour de l’an précédent PAPA