Filiatus
Maître Poète
Cet évêque a laissé sa marque
Dans l'histoire pour deux raisons
Aux Anglais il livra Jeanne d'Arc
Et il avait un vilain nom
Il serait Rémois de naissance
Comme l'était mon grand-papa
Donc j'assure avec véhémence
Que l'erreur ne vient pas de là
Mais la Champagne à cette époque
Est aux mains des ducs Bourguignons
Or ceux-ci sont sans équivoque
Amis de la perfide Albion
Bien qu'en ce siècle quatorzième
On pardonne sa trahison
Cet homme reste tout de même
Pour moi un évêque Cochon
À quatorze ans l'histoire dit
Qu'il s'en va pour la capitale
Apprendre la théologie
En vue d'être un jour cardinal
Il entre à l'Université
Où il passe avant les meilleurs
Et au bout de quelques années
Il en est nommé le recteur
À vingt-huit ans, il est enfin
Curé quelque part en province
Puis une prébende, il obtient
Auprès du chapitre de Reims
Mais notre prêtre est ambitieux
Les grands de ce monde, il courtise
Il cherche qui paiera le mieux
Sa théologique expertise
Il choisit le camp anglophile
Boudant celui de Charles VI
Pensant qu’avec ce roi débile
Le cochon est dans le maïs[1]
Il abandonne son diocèse
Pour se rallier à Jean-sans-Peur
Et en l'an mil quatre cent treize
Tous deux font régner la terreur
Puis Armagnacs et Bourguignons
L'année suivante se raccordent
Et en foire comme cochons
Les princes de rire se tordent
Sa Sainteté, Martin, le pape
Le congratule depuis Rome
Et le roi entre deux agapes
Maître des requêtes le nomme
Se croyant au-dessus des lois
Il fait signer au roitelet
Le funeste traité de Troyes
Qui livre la France aux Anglais
Quand meurt le pauvre Charles VI
Sa veuve Isabeau de Bavière
Le pousse à offrir ses services
À Henri, le roi d'Angleterre
Fort heureusement Jeanne d'Arc
De sa Lorraine s'en vient seule
Faire sacrer le vrai monarque
Dans la ville de mon aïeul
Le père Cochon, l'œil mauvais
Pour éviter qu'on l'emprisonne
Doit se réfugier à Beauvais
Terre encore anglo-bourguignonne
Deux années après son revers
L'évêque dans le bonheur baigne
Quand il apprend que la bergère
Est arrêtée devant Compiègne
Mais la Pucelle est prisonnière
De sire Jean de Luxembourg
Qui la vend au roi d’Angleterre
L’offrant à Cauchon, en retour
En mil quatre cent trente et un
S’ouvre le procès de la Jeanne
Mais le tribunal est serein
D’avance Cauchon la condamne
Une fois morte il dit sans crainte
Avoir brûlé une hérétique
Mais d’avoir jugé une sainte
N’en accepte pas la critique
Il veut retourner à Beauvais
Récupérer sa bonne mitre
Mais pour l’épiscopat français
Cauchon n’a plus voix au chapitre
En mil quatre cent trente-six
Henry VI lui livre Lutèce
Qu’il dirige avec trois complices
Pari qui ne vaut une messe
Car après deux ou trois semaines
L'armée du roi, contre rançon
Chasse les quatre énergumènes
Vers leurs maîtres, les Bourguignons
Mais ces derniers las d'être en guerre
Contre leurs frères Armagnacs
Renvoient Cauchon en Angleterre
Avec ses cliques et ses claques
A soixante et onze ans, le traitre
Comme la Jeanne, est mort à Rouen
Le bon Dieu désirait, peut-être
Lui rappeler son châtiment
Dans l'histoire pour deux raisons
Aux Anglais il livra Jeanne d'Arc
Et il avait un vilain nom
Il serait Rémois de naissance
Comme l'était mon grand-papa
Donc j'assure avec véhémence
Que l'erreur ne vient pas de là
Mais la Champagne à cette époque
Est aux mains des ducs Bourguignons
Or ceux-ci sont sans équivoque
Amis de la perfide Albion
Bien qu'en ce siècle quatorzième
On pardonne sa trahison
Cet homme reste tout de même
Pour moi un évêque Cochon
À quatorze ans l'histoire dit
Qu'il s'en va pour la capitale
Apprendre la théologie
En vue d'être un jour cardinal
Il entre à l'Université
Où il passe avant les meilleurs
Et au bout de quelques années
Il en est nommé le recteur
À vingt-huit ans, il est enfin
Curé quelque part en province
Puis une prébende, il obtient
Auprès du chapitre de Reims
Mais notre prêtre est ambitieux
Les grands de ce monde, il courtise
Il cherche qui paiera le mieux
Sa théologique expertise
Il choisit le camp anglophile
Boudant celui de Charles VI
Pensant qu’avec ce roi débile
Le cochon est dans le maïs[1]
Il abandonne son diocèse
Pour se rallier à Jean-sans-Peur
Et en l'an mil quatre cent treize
Tous deux font régner la terreur
Puis Armagnacs et Bourguignons
L'année suivante se raccordent
Et en foire comme cochons
Les princes de rire se tordent
Sa Sainteté, Martin, le pape
Le congratule depuis Rome
Et le roi entre deux agapes
Maître des requêtes le nomme
Se croyant au-dessus des lois
Il fait signer au roitelet
Le funeste traité de Troyes
Qui livre la France aux Anglais
Quand meurt le pauvre Charles VI
Sa veuve Isabeau de Bavière
Le pousse à offrir ses services
À Henri, le roi d'Angleterre
Fort heureusement Jeanne d'Arc
De sa Lorraine s'en vient seule
Faire sacrer le vrai monarque
Dans la ville de mon aïeul
Le père Cochon, l'œil mauvais
Pour éviter qu'on l'emprisonne
Doit se réfugier à Beauvais
Terre encore anglo-bourguignonne
Deux années après son revers
L'évêque dans le bonheur baigne
Quand il apprend que la bergère
Est arrêtée devant Compiègne
Mais la Pucelle est prisonnière
De sire Jean de Luxembourg
Qui la vend au roi d’Angleterre
L’offrant à Cauchon, en retour
En mil quatre cent trente et un
S’ouvre le procès de la Jeanne
Mais le tribunal est serein
D’avance Cauchon la condamne
Une fois morte il dit sans crainte
Avoir brûlé une hérétique
Mais d’avoir jugé une sainte
N’en accepte pas la critique
Il veut retourner à Beauvais
Récupérer sa bonne mitre
Mais pour l’épiscopat français
Cauchon n’a plus voix au chapitre
En mil quatre cent trente-six
Henry VI lui livre Lutèce
Qu’il dirige avec trois complices
Pari qui ne vaut une messe
Car après deux ou trois semaines
L'armée du roi, contre rançon
Chasse les quatre énergumènes
Vers leurs maîtres, les Bourguignons
Mais ces derniers las d'être en guerre
Contre leurs frères Armagnacs
Renvoient Cauchon en Angleterre
Avec ses cliques et ses claques
A soixante et onze ans, le traitre
Comme la Jeanne, est mort à Rouen
Le bon Dieu désirait, peut-être
Lui rappeler son châtiment
[1] Il y a grand danger pour les cultures.