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Petit extrait de La légende d'Eorân/ livre II

Legende

Nouveau poète
Pour AMAPOESIA( merci pour ton soutien, ma fée!)
C
hapitre I


L
e grand dragon noir refaisait un passage.
Glissant sur le flanc, ses ailes immenses déployées sur plusieurs toises, il heurta le mur de ses quatres membres, ses serres griffuses lacérant le tissage sur plus d’un mille, avant qu’il ne reprenne son vol et ne disparaisse à nouveau dans le blizzard.
Au sommet du Manganar, le veilleur s’efforça d’occulter la douleur du Tisseur qui résonnait dans son crâne et courut le long du parapet pour essayer d’évaluer les dégats de l’attaque. Il considéra avec frustration ce qui l’entourait, le cœur empli d’appréhension.
C’était le quatrième assaut depuis le début du jour et une terrible fatigue pesait sur les épaules de la sentinelle
La tempête l’empêchait de distinguer nettement le Mur, à quelque pas à peine de son poste d’observation.Bien qu’il fit encore jour, les rafales de neige et le vent glacial lui cachaient le Limès derrière un rideau cotonneux. Parfois le vent écartait les flocons, révélant l’ondulation bleue de l’Irridescence.
Mais ça ne durait qu’un trop bref instant.
Si le dragon avait endommagé la trame, il ne pourrait s’en rendre compte avec la seule aide de sa vue.
Une bourrasque plus forte que les précédentes balaya le sommet de la Tour-pilier et l’homme du s’aggriper de toutes ses forces à la poutrelle metallique pour ne pas être entrainé vers le vide abyssal qui s’ouvrait à ses pieds.
Dans ses mains gantées, il sentait le Manganar tremblait sous l’assaut de la tourmente.
Avec la présence du Yordraga, la Résonnance Draconique se faisait plus affutée et le veilleur sentit avec une effroyable netteté la peur qui émanant du Tisseur de la Tour. Contrairement à lui Eray n’avait pas l’habitude de se protéger depuis l’enfance. Il fallait absolument qu’il parvienne à éloigner le Yordraga pour préserver le Mur. Il n’était cependant pas question de faire appel à Rhynn. Il ne pouvait guider la Chimère à l’aveuglette et voler dans ses conditions lui paraissait de la folie pure. Il ignorait même comment le dragon y parvenait.
Il était encore là, rodant dans la tempête, projetant dans son crâne des images de fureur, de haine et de frustration qui mettaient les nerfs de l’homme à rude épreuve. Celui-ci renonça à faire de même. Ca ne ferait qu’attiser la rage de la bête.
Malgré le froid qui lui brûlait la moindre parcelle de peau découverte, malgré l’épuisement qui le rendait nauséeux, il leva ses barrières mentales et projeta vers le dragon, son désir d’apaisement, son admiration, son désir de forger des liens…Cette bataille de l’esprit occulta tout le reste et l’homme, tout en continuant de lutter se sentit aspiré vers un trou de noirceur.
Aussi brusquement qu’elle avait fondu sur eux, l’attaque cessa.
La pression dans son crâne disparut, signe que la Grande Aile s’éloignait. La peur qu’Eray ressentait s’évanouit lentement dans les limbes de son esprit, laissant la place à sa propre angoisse.
Méfiant, malgré tout, le veilleur chancelant scruta le blizzard jusqu’à ce que le froid terrible l’oblige à lui tourner le dos.
Une nouvelle rafale le mit presque à genoux.
Il commençait à perdre toute sensation dans ses mains.
Il ne pouvait rester plus longtemps dans la tempête sans risquer le pire.
Un cri etouffé par le mugissement du vent le fit se retourner.
Un halo de lumière apparaissait à quelques pas laissant deviner une forme indistincte émergeant du sol qui semblait s’agiter en hurlant des propos que la tempête emportait avec les flocons.
Mais le veilleur devinait très bien ce qu’on lui criait
Il se força à lacher la rambarde pour rejoindre son compagnon.
Drossé vers le sol par la force d’une nouvelle bourrasque, il parcourut la distance sur les mains et les genoux.
Une poigne puissante crocha sa cape et le tira vers le trou qui s’ouvrait au milieu du toit. Il glissa à travers l’ouverture, trouva les barreaux de l’echelle et dégringola à l’intérieur plus qu’il ne descendit.
Il prenait pied sur le sol du niveau inférieur quand il entendit le claquement lourd de la trappe qui se refermait au dessus de sa tête.
Quelques flocons tournoyèrent autour de lui avant de venir fondre sur la plaque de métal.
Le sol gémit quand son compagnon sauta à ses cotés.
Les deux hommes restèrent un instant silencieux, écoutant le vent qui se déchaînait à l’extérieur. La tempête qui durait depuis deux jours montait en puissance et le métal tout autour d’eux grinçait d’une terrible manière. La vieille structure semblait toute prête de se briser sous la fureur du vent d’hiver.
-Elle tiendra, assena l’homme au veilleur. Cela fait des millénaires qu’elle résiste.
L’autre abaissa son mantel libérant une masse de cheveux noirs, dévoilant un regard de panthère, un mystère vert moucheté d’or, hypnotique et fascinant. Ses traits étaient fins mais sans aucune féminité. L’homme possédait la présence, le charisme et le coté dangereux du félin. On pouvait se perdre dans l’obscure luminosité de ses yeux.
-Comment va-t-elle ?
-Tout va bien Cal. Plus de peur que de mal. Elle a tenu le coup comme un chef et ce n’est pas un dragon si hargneux soit-il qui détruira son tissage.
-Encore le grand mâle noir des Cracheurs, Rivel…Il y a une telle furie en lui, un désir si puissant de liberté qu’il pourrait bien trouver un jour le moyen ou la force de passer nos défenses. Et pourtant j’ai sentit de la peur en lui…Peus-tu le croire ? Quelque chose semble l’effrayer...
-Et tu crois que ce quelque chose, est ce qui est capable de le faire voler en pleine tourmente pour venir nous attaquer ? Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait faire peur à une Grande Aile…
Les deux hommes restèrent un instant silencieux, ruminant cette idée qui ouvrait des perspectives peu rassurantes.
Finalement le dénommé Rivel, homme trapu qui conservait une puissance malgré l’age avancé qui lui blanchissait les cheveux, posa une main sur l’épaule du veilleur perdu dans de sombres pensées.
-Nous aurons peut être bientôt la solution de cette énigme…Mais en attendant, redescendons. Tu es trempé et épuisé mon garçon. Eray aura bientôt besoin qu’on la remplace. C’est ça le plus important pour l’instant.
Cal approuva d’un hochement de tête et lui emboita le pas non sans jeter un dernier regard vers la trappe, se demandant si le dragon reviendrait dans les prochains jours. Puis essayant de chasser les relents d’angoisse qui empoisonnaient son cœur, il se tourna vers l’echelle qui plongeait dans les entrailles de la tour de métal.
Inghar…
L’un des cinq cent spectres d’acier répartis sur l’ensemble des Bords du Monde en d’autre temps pour des raisons que seul le Pontife connaissait sans doute. Et qui désormais servaient à tisser le Limès, le mur d’Irridescence qui retenait prisonniers les derniers dragons d’Eorân.
Sa tour, celle qui lui servait de maison depuis un peu plus de dix ans, était la plus proche des volcans, fleurtant avec les sombres contreforts du Hashvyr, sa structure metallique émergeant d’une forêt dense et sauvage qui venait s’aggriper aux flancs des monstres fumants.Les passerelles qui reliaient le Manganar à ceux de Cardvill et d’Alûnrel couraient presque sur les cîmes de ses plus grands arbres sur des milles et des milles.
Sa tour….Il ne l’avait plus quitté depuis son retour et s’en trouvait plus heureux qu’il ne l’aurait cru. Il aimait la compagnie de son Maître de Vol et celle d’Eray, la seconde fille du gouverneur de la Trame. Il aimait leur empreinte mentale, comme il aimait rejoindre ses autres compagnons, ceux du Brasier…Sa seconde famille…Que de temps avait passé depuis sa première rencontre avec Amraphelle…Quatorze ans…Plus de la moitié de sa vie…Et pourtant il restait encore tant à apprendre. Une vie n’y suffirait pas, il le savait…
Il carressa la bague à son index droit. Un anneau d’or l’enserrait, surmonté d’une pierre couleur miel striée d’ondulations bleues. Il pouvait sentir la présence de Rhynn dans le souffle du Nimador. Il lui suffirait d’un appel pour voir apparaître cette partie de lui-même sans qui jamais il n’aurait pu tenir sur ces terres sauvages et dangereuses. Mais surement en allait-il de même pour l’Ahyman de Rivel ou le Virguil d’Eray…
-Tu rêves ?
Rivel engagé sur l’echelle levait la tête vers lui, un sourire moqueur sur le visage.
-Encore ? Allez viens mon garçon…Il fait trop froid ici pour se perdre dans des songes.
Les deux hommes descendirent les nombreux barreaux qui menaient jusqu’au cœur du Manganar, là où se trouvait le Nid, la partie habitable de la construction.
A l’extrémité de l’echelle une autre trappe s’ouvrait sur un escalier jaillissant au centre d’une vaste salle au sol couvert d’une multitude de tapis, quand les murs s’habillaient de panneaux de bois et de lourdes tentures destinées à isoler l’endroit des rigueurs hivernales. Plusieurs braséros exhalaient une douce chaleur. L’un des coins de la pièce accueillait plusieurs fauteuils agencés en cercle, ainsi qu’une bibliothèque. Séparés par des paravents de bois, trois couches occupaient le coin opposé. Enfin le reste de l’espace se constituait d’une cuisine rudimentaire et d’étuves.
Et au centre de tout cela, non loin de l’escalier, s’élevait une haute estrade dotée de marches, sur laquelle trônait un siège étrange, presque à la ressemblance d’un cocon.Il était entouré d’ondulations bleues qui dansaient avec une grâce envoutânte et tamisaient le Nid d’une lumière tout à la fois chaude et froide. Une jeune femme occupait le siège et semblait dormir, tout comme l’animal à ses pieds…Un magnifique cerf à la robe mordoré, dont les yeux immenses et profonds, aussi doux que du velours s’ouvrirent et se posèrent sur les nouveaux venus.









 
excellent !!
je replonge dedans comme si je ne l'avais jamais quittée !!! c'est superbement écrit, haut en couleurs, en émotions, un rythme impeccable, ...ggrrr !!! je n'en peux plus, quand est ce que tu publies ???
 
subjugue par cet ecrit ou les images chargés d'émotions ,,,,,,,,petite merveille
et grand talent
bisous
papi,,,,,guy
 
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