Moucho
Nouveau poète
Tu attends cette lettre depuis très longtemps, trop longtemps papa, depuis 70 ans j'essaie de la faire mais les mots ne viennent pas malgré les pensées qui bouillonnent dans ma tête, étouffent mon coeur, ma feuille reste vierge, mes mains tremblent, seules les larmes viennent s'écraser sur le papier. Pourquoi cette difficulté quand on est fille d'un père et d'une mère écrivains et poètes tous les deux, dont les centaines de lettres échangées de l'un vers l'autre semblent issues d'une source d'inspiration inépuisable, abondantes, frémissantes d'espoir et d'amour témoins précieux de leur courte vie, de leur esprit fertile. Pourquoi n'ai-je pas hérité de ce don?
Tu me répondrais sans doute papa, qu'un pommier donne toujours les mêmes pommes mais à l'inverse chaque individu est unique, ses enfants différents. Après 9 mois dans le ventre de ma mère, puis les 9 mois bercée dans tes bras tu as disparu en disant : « La Patrie m'appelle ».
Adieu la vie, adieu bonheur, tout a basculé dans l'horreur et le sang le ciel s'est obscurci, les portes arrachées, tout s'est fossilisé dans le silence de nos mémoires. Papa, donne moi les mots justes pour sortir de ce silence, pour te dire que le temps n'a rien effacé, pour t'assurer à mon tour que les hommes ne t'ont pas oublié, ils sont là ces témoins du génocide, écoutant ta voix encore mieux comprise aujourd'hui, leur présence chaleureuse me soutient pour recevoir les honneurs qui te sont destinés, pour veiller sur ta flamme.
Poussée par ta force et ta jeunesse, voici enfin la lettre attendue depuis si longtemps, papa
Tu me répondrais sans doute papa, qu'un pommier donne toujours les mêmes pommes mais à l'inverse chaque individu est unique, ses enfants différents. Après 9 mois dans le ventre de ma mère, puis les 9 mois bercée dans tes bras tu as disparu en disant : « La Patrie m'appelle ».
Adieu la vie, adieu bonheur, tout a basculé dans l'horreur et le sang le ciel s'est obscurci, les portes arrachées, tout s'est fossilisé dans le silence de nos mémoires. Papa, donne moi les mots justes pour sortir de ce silence, pour te dire que le temps n'a rien effacé, pour t'assurer à mon tour que les hommes ne t'ont pas oublié, ils sont là ces témoins du génocide, écoutant ta voix encore mieux comprise aujourd'hui, leur présence chaleureuse me soutient pour recevoir les honneurs qui te sont destinés, pour veiller sur ta flamme.
Poussée par ta force et ta jeunesse, voici enfin la lettre attendue depuis si longtemps, papa